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Société

Un million d’euros pour rénover le Fort Queuleu à Metz

vendredi 21 août 2015 à 19:51 Par Armêl Balogog, France Bleu Lorraine Nord

Jean-Marc Todeschini, le secrétaire d’Etat aux anciens combattants, et Dominique Gros, le maire de Metz, ont annoncé, jeudi 20 août, qu’un million d’euros seront versés à l’association du Fort Queuleu pour le remettre en état. Une annonce faite pendant la cérémonie en hommage aux 70 ans de la Libération.

Fort Queuleu Metz
Fort Queuleu Metz © Radio France - Armêl Balogog

Pour l’instant, le Fort Queuleu ressemble plutôt à un parc créé sur un vieux monument du XIXe siècle , rongé par la nature. Des arbres ont poussés sur le fort, qui nous font oublier ce qui s’est passé sous les pieds des visiteurs, dans les sous-sols. On se promène sur les toits du haut lieu nazi sans s’en rendre compte. On y fait son jogging et ses biceps sur le parcours de santé. On y emmène ses enfants jouer dans l’aire de jeux, inaugurée en 2013. Et on y pique-nique en famille.

Un contraste surprenant pour le visiteur, mais acceptable, selon Jean-Marc Todeschini  : « Le parcours de santé, c’est aussi une appropriation de la ville, on ne peut pas vivre que sur le passé. La Casemate A est toujours un lieu de mémoire. […] Je crois que ces lieux sont respectés. »  

Le Fort Queuleu : un parc et un camp nazi

Le secrétaire d’Etat aux anciens combattants est justement venu célébrer la mémoire du lieu. Il a participé à la cérémonie en hommage aux 70 ans de la Libération , qui s’est tenue le jeudi 21 août. L’occasion de se souvenir que le Fort Queuleu a été un camp d’internement nazi. Entre 1944 et 1945, pendant huit mois, 1.500 résistants et communistes y ont été torturés  : yeux bandés, pas le droit de parler, de se moucher. Femmes et hommes devaient se doucher dans une eau salie, portée dans le même seau qui leur servait de latrine.

La majorité des détenus a survécu et ils ont vu leur prison devenir une aire de jeux. « C’est vrai que les anciens au départ n’aimaient pas trop que les gens viennent se détendre et courir ici, » concède Jean-Pierre Burger, président de l’association du Fort Queuleu et descendant de prisonniers. « Mais d’un autre côté, ça nous a toujours ramené beaucoup de monde. Depuis que c’est rouvert au public, on a plein de gens qui viennent courir et qui reviennent le dimanche pour visiter l’endroit. »  

Un million d’euros pour financer les travaux de réfection

L’association s’applique à remettre le fort en état depuis 2014. Les bénévoles viennent le week-end, sur leur temps libre, pour rénover le lieu de mémoire. Leur travail est long et difficile : ils doivent déraciner les arbres qui ont poussé partout sur le fort, et ils doivent aussi effacer les tags peints sur les parois intérieures du fort, vandalisées en 2012. Les bénévoles reconstruisent également le mobilier du musée de la déportation, localisé dans la Casemate A , où les prisonniers étaient emmenés, internés et torturés pendant de longues séances d’interrogatoire.

Jean-Pierre Burger a appris avec bonheur qu’un million d’euros seront versés à l’association du Fort Queuleu pour financer ces travaux. C’est la première fois que l’association reçoit des financements publics, et c’est aussi la première fois que l’Etat s’engage dans la préservation du fort . De ce million d’euros, l’Etat en donnera 75 %. Le reste sera donné par la ville de Metz, a confirmé le maire, Dominique Gros.

Avec cette somme, l’association espère pouvoir bientôt remettre en état davantage de salles. Pour l’instant, seulement quatre peuvent être visitées : une cellule collective de femmes, une cellule collective d’hommes, une pièce avec des cellules individuelles et la salle d’interrogatoire. Bientôt, on pourra visiter les douches, les sanitaires, les appartements et les bureaux des nazis ; et on pourra voir la cheminée par laquelle se sont enfuis les seuls quatre fugitifs du Fort Queuleu.