Des riverains construisent un mur contre un futur centre d'accueil pour migrants dans les Hautes-Pyrénées
Des habitants de Séméac, près de Tarbes, ont érigé ce lundi un mur à proximité d'un hôtel censé accueillir des migrants. Ils dénoncent un manque de concertation avec les riverains.

Un mur en parpaings, de près de deux mètres de haut et dix-huit mètres de long. L'édifice a été construit par un collectif qui milite contre le projet de transformation d'un hôtel Formule 1 en centre d'hébergement pour migrants, à Séméac, commune de 5.000 habitants près de Tarbes.
"Nous ne sommes pas contre l'accueil. Il faut faire quelque chose pour ces personnes en difficulté", a expliqué Laurent Teixeira, responsable du Collectif Séméac, qui regroupe les opposants au projet. "Mais il faut prendre également en compte les citoyens", a-t-il ajouté.
Cet hôtel Formule 1 fait partie des 62 établissements rachetés par la SNI (filiale de la Caisse des Dépôts) pour devenir des structures d'hébergement et d'accueil. Selon la préfecture, l'hôtel de Séméac a une capacité d'accueil de 85 personnes. Les migrants, essentiellement des familles, devaient arriver début août.
Ce nouveau dispositif d'hébergement de migrants dans des hôtels à bas coûts a déjà provoqué des remous dans certaines communes. En Isère, fin juin, quinze militants du groupuscule d'extrême droite Génération identitaire avaient ainsi occupé le toit d'un hôtel Formule 1 à Chanas.
"Un mur de la honte" - Marie-Pierre Vieu, députée européenne
La construction d'un mur à proximité d'un futur centre d'accueil est une première. Pour la députée européenne du Sud-Ouest, Marie-Pierre Vieu (PCF), "dans le contexte actuel d'instrumentalisation raciste et xénophobe de l'immigration", ce mur "nous renvoie aux pires heures de notre histoire". "Ce mur est un mur de la honte de plus", a-t-elle dit dans un communiqué.
De son côté, le député La République en marche des Hautes-Pyrénées Jean-Bernard Sempastous estime que "cette symbolique du mur peut blesser certaines personnes". "Il faut plus de personnel pour les accueillir et plus d'implication des associations", a-t-il ajouté en se rendant sur place, ce lundi.
Une réunion vendredi
La préfecture assure vouloir mettre fin à cette situation de blocage dans les meilleures conditions. Selon elle, le trouble à l'ordre public n'est pas constitué car l'établissement est vide et le mur a été construit sur une propriété privée, avec l'accord du propriétaire. Une réunion avec l'ensemble des parties aura lieu vendredi matin à la préfecture.
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