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Société DOSSIER : Mai-68

Un parking Mai 68 inauguré au Val d'Hazey pour commémorer les luttes ouvrières

mardi 1 mai 2018 à 18:27 Par Laurent Philippot, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Le parking Mai 68, situé près de la gare SNCF Gaillon-Aubevoye, a été inauguré ce mardi 1er mai 2018. C'est une association de la commune nouvelle du Val d'Hazey, Les Carélistes, qui en est à l'origine, pour commémorer les heurts de Mai-68 alors que les salariés de Carel-Fouché étaient en grève.

Une cinquantaine de personnes s'est réunie pour le dévoilement de la plaque du parking Mai 68
Une cinquantaine de personnes s'est réunie pour le dévoilement de la plaque du parking Mai 68 © Radio France - Laurent Philippot

Aubevoye, France

En mai 1968, les ouvriers de Carel-Fouché, à Aubevoye, désormais Le Val d'Hazey, étaient, comme de nombreux salariés en France, en grève. Leur usine de l'Eure, qui a fermé en 1989, fabriquait du matériel ferroviaire, et plus particulièrement des rames en inox, dont certaines sont encore en activité en Roumanie. La gare de Gaillon-Aubevoye, plus particulièrement le passage à niveau, qui n'existe plus, devant l'hôtel de l'Ouest,  était le lieu de rassemblement des salariés du coin, Carel-Fouché bien sûr, mais aussi la Chafa, Rémy ou Bitumes.  Ce passage à niveau fut le théâtre d'échauffourées entre grévistes et non grévistes. 

Un devoir de mémoire ouvrière pour les salariés de Carel-Fouché

Lors du dévoilement de la plaque du parking Mai 68, le président de l'association "Les Carélistes, mémoires ouvrières" a tenu à rappeler ces incidents oubliés par la grande histoire du mouvement social. Michel Morin avait 22 ans à l'époque, il venait de rentrer chez Carel et avait adhéré à la CGT et il se souvient  qu' "il y a eu des confrontations avec des gens qui étaient envoyés par le député des Andelys de l'époque, René Tomasini, qui avait été sous-préfet". 

Le député envoyait des gens, qui étaient un peu payés, pour mettre le bazar dans le coin" Michel Morin

Mais jamais, selon le président de l'association, le mouvement n'a été violent. Le secrétaire de l’association Jean-Pierre Edet, 23 ans en 1968,  se rappelle quand même qu'une fois le chef de gare a dû arrêter les trains, parce qu'une voiture avait été placée en travers du passage à niveau. 

Après la grève, de grandes avancées sociales dans l'usine

A écouter Jean-Pierre Edet, le mouvement de Mai-68 a été très bénéfique pour les salariés de Carel-Fouché. Les négociations avec le directeur, que tous appelaient patron, se sont bien passées et l'usine a de nombreuses fois été citée en exemple au niveau national. Parmi les acquis de la grève, le droit syndical, des congés supplémentaires, des jours pour évènements familiaux et même la création d'un Comité d'entreprise. Le CE a été le tout premier en France à proposer de la location de voitures à ses membres. Tout le monde en a bénéficié, se réjouit Jean-Pierre Edet, même ceux qui n'ont pas fait grève.