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Un père et sa fille de huit ans, atteinte d'une tumeur au cerveau, relogés à Évreux : la mobilisation a payé

Heureux dénouement pour Moussa Bacar et sa fille de huit ans. Expulsés " faute de place" vendredi 17 août de l'hébergement à Évreux où ils étaient accueillis, ils ont de nouveau un toit depuis ce lundi. Réseau Éducation Sans Frontières s'est mobilisé.

 Mounaika Bacar, 8 ans, tout sourire auprès de son père Moussa, dans les locaux de RESF 27. Ils sont de nouveau hébergés par l'association Ysos à Évreux
Mounaika Bacar, 8 ans, tout sourire auprès de son père Moussa, dans les locaux de RESF 27. Ils sont de nouveau hébergés par l'association Ysos à Évreux © Radio France - Laurent Philippot

Dans les locaux de l'association Réseau Éducation Sans Frontières à Évreux, la petite Mounaika dessine des princesses et s'applique à écrire son prénom, en lettres attachées. L' enfant de huit ans est ravie de retrouver sa chambre, quatre jours après en avoir été expulsée "faute de place", selon RESF 27. 

Avec son père Moussa Bacar, elle a dormi deux nuits à la mosquée et deux autres chez un habitant du quartier de La Madeleine. La décision prise vendredi 17 août par la Direction départementale de la cohésion sociale de l'Eure a ému l'association qui a alerté la presse et saisi le procureur de la République d'Évreux ce lundi. Et le soir même, Moussa, le père, reçoit un appel vers 19h00, l'hébergement impossible à la veille du week-end devient de nouveau possible. "C'est assez étonnant" souligne Jean-Marc Jugand, de RESF 27, qui, pourtant, ne fait pas de lien entre la mobilisation de son association et le revirement de situation. Un dénouement heureux qui ne doit pas faire oublier d'autres situations précaires pour le militant :

On a en ce moment une petite fille de neuf mois qui est dans la rue avec sa maman et sa grande sœur " - Jean-Marc Jugand, membre de RESF 27

Droit de réponse de la préfecture de l'Eure

Sollicitée par France Bleu Normandie mardi matin pour obtenir une interview sur les raisons qui ont conduit la direction départementale de la cohésion sociale de l'Eure à mettre fin à l'hébergement de la famille Bacar, la préfecture fait parvenir à notre rédaction en début de soirée un communiqué de presse intitulé " Droit de réponse ". 

Selon le préfet de l'Eure, Thierry Couderc, " les faits établis par le Réseau Éducation Sans Frontières de l'Eure ne correspondent pas à la réalité ". Et le préfet d'expliquer que le 18 juin dernier, Moussa Bacar a obtenu un renouvellement de son autorisation provisoire de séjour auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine, en indiquant toujours résider dans ce département chez un tiers, alors que son hébergement et celui de sa fille étaient pris en charge par le centre Ysos d'Évreux  depuis le 5 février.

Face à ces contradictions, la direction départementale de la cohésion sociale a pris la décision de ne plus mobiliser une place d'hébergement d'urgence dans l'Eure, Monsieur Bacar disposant d'un hébergement en région parisienne " - Préfecture de l'Eure

Toujours selon la préfecture de l'Eure, "il  a été décidé de réadmettre la famille au centre du 115 ce lundi suite  à un appel de Monsieur Bacar et à des précisions sur son lieu de domiciliation". Une démarche de régularisation administrative initiée par le père de famille que confirme le Réseau Éducation Sans Frontières de l'Eure.

En outre, le préfet de l'Eure, en raison de la situation particulière de la famille, a procédé à une admission exceptionnelle de séjour, pour garantir la continuité des soins et de la scolarité de la jeune fille.

Mounaika, huit ans, est atteinte d'une tumeur au cerveau

À cause de deux interventions chirurgicales, la petite fille a dû sacrifier une partie de ses cheveux, et Mounaika trouve qu' "ils mettent du temps à repousser ". L' enfant est en effet atteinte d'une tumeur au cerveau impossible à soigner dans son pays d'origine, les Comores. La famille a bien consulté un médecin aux Comores qui n'a pas décelé de tumeur, "il faut juste que votre fille mange des légumes" lui aurait-on répondu à l'hôpital.  

En 2015, le père, la mère et leurs enfants paient 2.600 euros pour une traversée en kwassa-kwassa pour rejoindre le département français voisin de Mayotte. De là, en 2016, le père et la fille transitent par la Réunion avant d'arriver en métropole où la fillette a subi deux interventions chirurgicales à Paris, à l'hôpital Necker. Des opérations fructueuses puisque la tumeur s'est déjà résorbée de 40%. La fillette se rend désormais une fois par mois  à l’hôpital de Villejuif dans le cadre du suivi de sa chimiothérapie. Elle souffre de séquelles motrices consécutives à sa tumeur. Chaque nuit, Mounaika est sous assistance respiratoire. Elle a besoin d'avoir accès à l'électricité pour brancher son appareil.

La fillette va pouvoir faire sa rentrée en CE1

Scolarisée à l'école Maxime Marchand d'Évreux depuis le mois d'avril, Mounaika, qui bénéficie d’une reconnaissance « enfant handicapé » par la Maison Départementale des Personnes Handicapées de l’Eure, se dit très contente de pouvoir faire sa rentrée dans quelques jours. Celle qui se décrit comme "une élève sage" ne veut d'ailleurs pas rentrer au pays. Cette place en hébergement d'urgence, c'est aussi un soulagement pour son papa, qui ne voyait pas comment il allait faire, "sans ressources et sans travail" pour s'occuper de sa fille. À bientôt quarante ans, Moussa Bacar, qui a été artisan taxi aux Comores avant d'ouvrir son propre magasin d'alimentation générale en 2001, recherche activement un travail, pour subvenir aux besoins de sa fille et à ceux de sa femme et de leurs trois enfants restés à Mayotte. 

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