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Le ramadan sera "inédit et compliqué cette année", explique le recteur de la Grande Mosquée de Paris

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Les musulmans s'apprêtent à démarrer le mois de jeûne du ramadan mais, fait inédit, sans possibilité de retrouvailles familiales à la tombée de la nuit, ni de prière à la mosquée.

La Grande Mosquée de Paris La Grande Mosquée de Paris
La Grande Mosquée de Paris © Maxppp - Ian Langsdon

La date exacte sera déterminée ce jeudi à 18h par le Conseil français du culte musulman (CFCM), lors d'une "nuit du doute" à la grande mosquée de Paris, une rencontre qui consiste à fixer le début de ce mois de jeûne, de partage et de prière, en fonction de l'observation lunaire.

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Le ramadan "débutera très probablement ce vendredi 24 avril__, puisque la nouvelle lune du mois de ramadan sera en principe visible la veille, sur une grande partie du continent africain et tout le continent américain", fait savoir le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman), principal interlocuteur de l'Etat sur le culte musulman.

Durant le ramadan, un des piliers de l'islam, les croyants sont invités à s'abstenir de boire, de manger et d'avoir des relations sexuelles, de l'aube jusqu'au coucher du soleil. Mais il sera "inédit" et "compliqué" cette année à cause du confinement et de la maladie de Coronavirus reconnaît Chems-Eddine Haffiz, recteur de la mosquée de Paris, invité sur France Bleu Paris ce jeudi matin . Le ramadan est habituellement "un mois de partage, de communion, la porte du musulman est ouverte". Les mosquées seront fermées, il appelle donc les musulmans à prier chez eux. "Il ne faut pas dramatiser la situation. C’est une épreuve supplémentaire : nous relevons le défi : nous allons essayer de passer ce mois sans aucune difficulés." 

Le confinement ne doit pas empêcher la solidarité

Chems-Eddine Haffiz souligne un "point important" : "C’est un mois de solidarité__", et le respect de la distanciation "ne doit pas nous faire oublier les plus fragiles et les nécessiteux". Le secours islamique livre par exemple des repas aux plus nécessiteux.

Peut-on jeûner sans risque, en cette période d'épidémie ?

Les uns ont une charge de travail accrue, liée à l'épidémie de coronavirus, d'autres sont victimes de la maladie. Comment dans ces conditions appréhender le jeûne, en journée ? "C’est extrêmement simple", répond Le recteur de la Grande Mosquée de Paris : "Ne peuvent jeûner que les personnes qui en sont capables physiquement. Donc il ne faut pas hésiter à consulter son médecin en cas de doute. Car l’islam rappelle que les personnes malades ou fragiles, les femmes enceintes, ne doivent absolument pas jeûner". Consulter son médecin est une "geste de foi", ajoute l'invité de France Bleu Paris.

Il ne faut pas être bigot dans ce genre d’affaire

La règle est très simple, poursuit-il : "Les personnes qui ne peuvent pas jeûner paient un repas, le repas du pauvre, fixé à 5€ cette année. Donc le musulman qui ne peut pas jeûner s’acquitte de cette somme. Les choses sont aisées. Il ne faut pas être bigot dans ce genre d’affaire".

Pourquoi ne pas suspendre le jeûne cette année ?

La question ne se pose pas selon Chems-Eddine Haffiz. "Cela ne s’est jamais fait dans l’histoire de l’islam, alors q'il y a eu énormément de situations compliquées comme celle que nous vivons cette année ; même au temps du prophète, lorsqu'une peste avait fait des ravages". Le recteur le dit sereinement :  "Ceux qui peuvent jeûner le feront sans problème".

Grande Mosquée de Paris © Maxppp - Vincent Isore

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