Société

Un rapport sénatorial demande la fermeture du centre de déradicalisation de Pontourny

Par Yohan Nicolas, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu Touraine mercredi 12 juillet 2017 à 17:30

Le centre de Pontourny
Le centre de Pontourny © Maxppp - Patrice Deschamps

Dans ce rapport, les deux sénatrices estiment qu'il faut mettre fin à l'expérimentation et renoncer à sa généralisation.

Un rapport sénatorial rendu public ce mercredi, juge sévèrement la politique de déradicalisation menée en France, et demande notamment parmi une série de 10 préconisations, la fermeture du centre controversé de Pontourny, à Beaumont-en-Véron. Ce rapport fait écho aux propos tenus récemment par le préfet d'Indre-et-Loire sur France Bleu Touraine, Louis Le Franc, estimant qu'il ne croyait pas à l'avenir de ce centre.

Les deux rapporteurs de la mission d'information "désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en Europe", la sénatrice écologiste Esther Benbassa et sa collègue Les Républicains (LR), Catherine Troendlé avaient déjà dévoilé en février un bilan d'étape de leur travail, dans lequel elles critiquaient pêle-mêle, la politique de regroupement des détenus radicalisés, le "business" de la déradicalisation ou encore la "gabegie financière" de l'Etat.

Les deux sénatrices se veulent "lanceurs d'alerte" mais leurs prises de position avaient elles-mêmes fait l'objet de critiques de la part de responsables en charge de la lutte contre la radicalisation.

Je ne crois pas que l'on puisse déradicaliser les gens mais on peut les réinsérer, les resocialiser. Ce qui n'a pas marché devrait servir de leçon

Les deux sénatrices demandent la fermeture du centre de déradicalisation de Pontourny dont le projet était d'accueillir des jeunes en voie de radicalisation sur la base du volontariat et qui n'accueille plus aucun pensionnaire depuis le mois de mars : il faut "mettre fin à l'expérimentation et renoncer à sa généralisation". Il faut arrêter les centres et aller vers un accompagnement individualisé comme en Belgique ou au Danemark. Il ne faut pas seulement un éducateur, un psychologue, mais un chef religieux avec une certaine autorité. Cela prendra du temps, estime Esther Benbassa.