Société

Un réseau pour aider les papas et les mamans solos

Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan et France Bleu jeudi 1 septembre 2016 à 17:11

Famille monoparentale, illustration
Famille monoparentale, illustration © Maxppp -

En cette rentrée, un réseau national d'entraide pour les familles monoparentales voit le jour, "Parents solos et compagnie". Il est le résultat, notamment, d'une réflexion menée au début de l'année par des familles et des associations de Loire-Atlantique.

Les familles monoparentales sont de plus en plus nombreuses . Les chiffres datent un peu, mais en 2013, elles étaient déjà plus de 17 000 en Vendée et près de 43 000 en Loire-Atlantique. Des mamans, des papas qui ne savent souvent plus où donner de la tête entre les enfants, le travail, les tâches ménagères.

Alors pour les aider, pour changer aussi le regard négatif que la société porte sur eux, un réseau d'entraide national, "Parents solos et compagnie" voit le jour en cette rentrée 2016, notamment après la réflexion menée en début d'année par des familles monoparentales et des associations de Loire-Atlantique.

Le soir, je suis épuisé ! Physiquement et moralement

Bouh fait partie des "papas solos". Il s'occupe seul de ses deux petites filles de 8 ans et demi et 3 ans. "Je dois par exemple faire bouillir de l'eau pour des pâtes, garder un œil sur les filles, je les entends crier, je dois aller les gronder. Je les emmène prendre l'air, en même temps il faut faire les courses, les lessives... Le soir je suis épuisé ! Physiquement, moralement. Je me mets devant la télé et je m'endors". Et même s'il adore s'occuper de ses filles, "depuis qu'elles sont à l'école, la maison résonne, et moi, je ne sait pas quoi faire", il aimerait aussi pouvoir vivre sa vie d'homme. "Il n'y a qu'une fois que les filles sont couchées que j'ai enfin un moment pour moi. Pour la vie sociale, sentimentale, je n'ai pas le temps !".

J'entends toujours dire qu'elles ont besoin d'une mère

Depuis sa séparation et son arrivée en France avec ses deux filles, Bouh n'a pas repris le travail pour s'occuper de la plus petite. Mais maintenant qu'elle est en maternelle, il compte bien retrouver un emploi, même s'il se demande comment vont réagir son futur chef et ses futurs collègues quand ils sauront qu'il est absolument seul pour s'occuper de ses enfants : "que vont-ils penser si au milieu d'un coup de fil important pour le travail j'en reçois un autre pour me dire que ma fille est malade et que je dois aller la chercher ?". Ce qui le gène aussi, ce sont les regards dans la rue, parfois durs, pour un papa qui élève seul ses deux filles : "elles ont beau être bien habillée, belles, heureuse, j'entends toujours dire qu'elles ont besoin d'une mère". Et ça le blesse, alors qu'il fait du mieux qu'il peut pour gérer la distance avec la mère des petites qui est aux Etats-Unis.

Bouh s'est confié à France Bleu Loire Océan

De nombreuses aides existent, mais il faut du temps et beaucoup d'énergie pour aller les chercher

Le cas de ce papa solo est le parfait résumé de la situation de toutes les familles monoparentales selon David Marionneau, le coordinateur de l'association "Parrains par mille" qui met en place des parrainage entre des familles isolées et des bénévoles. C'est elle qui a chapeauté la réflexion du début d'année. Ce qui en ressort, c'est que des aides, nombreuses, existent pour ces familles : les associations peuvent les épauler, elles peuvent avoir des aides financières également. "Beaucoup de choses existent, mais il faut se décarcasser pour y avoir droit. Il faut chercher, aller à un endroit pour avoir un papier, à un autre pour avoir un formulaire, passer d'un interlocuteur à un autres... Et à chaque fois raconter son histoire, douloureuse. C'est difficile pour des parents qui ont déjà tout à gérer tout seul : les enfants, le travail et la maison".

David Marionneau, le coordinateur de l'association Parrains par mill

La mise en place du réseau "Parents solos et compagnie" doit justement les aider dans leurs démarches et inciter toutes les acteurs, associatifs et publics, pour être plus efficaces. C'est déjà ce que fait "Parrains et par mille" en partageant ses nouveaux locaux avec deux autres associations, "L'îlot familles" et "Marraine et vous".

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