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Société

Un restaurateur catalan fait plier un site internet de critique gastronomique

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Par , France Bleu Roussillon

Hervé Montoyo avait du mal à avaler un avis particulièrement négatif sur son établissement "Le chat qui rit" à Reynès (Pyrénées-Orientales). Il vient d'obtenir en justice les coordonnées de l'internaute qui a publié le commentaire. La décision du tribunal de commerce de Perpignan pourrait faire jurisprudence.

Hervé Montoyo, le chef-cuisiner du "Chat qui rit" à Reynès
Hervé Montoyo, le chef-cuisiner du "Chat qui rit" à Reynès

Hervé Montoyo a bien failli s'étouffer en août 2013, en découvrant l'avis négatif qu'on a publié sur son restaurant. Un avis publié sur un site internet spécialisé dans les critiques gastronomiques. Ce qui l'a blessé d'abord, c'est le titre : "Attention arnaque !"

Le texte accusait le restaurateur de tromper ses clients sur la marchandise, et assurait qu'il n'utilisait pas des produits frais. "Faux", insiste Hervé Montoyo . Il demande alors à ce site internet de retirer le commentaire. La plateforme refuse dans un premier temps, et c'est seulement parce que l'avocat du restaurateur s'en mêle que finalement, il le dépublie en octobre 2013.

"Quand vous avez fait une grosse journée et que voyez ça sur internet, je vous assure que ça blesse vraiment"- Hervé Montoyo, restaurateur

Mais Hervé Montoyo ne veut pas en rester là : c'est son honneur qui est en jeu, et la qualité de son travail et de celui de ses salariés. Il demande donc au site internet les coordonnées de la personne qui a posté le commentaire. Nouveau refus, le chef-cuisinier va donc en justice... et il vient d'obtenir ce qu'il réclamait : les coordonnées informatiques de l'internaute en question. Jugement du Tribunal de Commerce de Perpignan, le 13 octobre dernier.

Une décision qui pourrait faire jurisprudence

Cette décision du tribunal de commerce de Perpignan pourrait faire jurisprudence dans le monde de la restauration. Parce que le cas d'Hervé Montoyo n'est pas isolé. Ils sont des milliers de restaurateurs en France à être noté sur internet, avec des avis négatifs, ou positifs. Le syndicat UMIH (Union des Métiers et Industries de l'Hôtellerie), majoritaire dans l'hotellerie-restauration, se félicite donc de cette décision de justice .

Globalement, la profession accepte mal d'être critiquée. Et si elle l'est, elle admet de l'être par des guides spécialisés, mais pas forcément par des clients de tous les jours. Et puis il y a aussi la façon de dire les choses . On peut critiquer le goût, la quantité ou la présentation d'une assiette. Les restaurateurs sont prêts à l'entendre, mais ils préfèrent qu'on leur dise en face, au resto, et pas derrière son écran d'ordinateur.

"On ne peut pas tout aimer, mais il y a un moyen de le dire, et non pas de l'écrire pour faire mal"- François Galabert, président du syndicat UMIH dans les Pyrénées-Orientales

C'est d'ailleurs ce que regrette Hervé Montoyo : que l'internaute en question ne soit pas venu directement lui parler après son passage au restaurant de Reynès. Avec ses coordonnées en poche, Hervé Montoyo veut désormais rencontrer ce client, pour parler avec lui, pour s'expliquer, et pour comprendre. Le restaurateur verra ensuite s'il le poursuit pour diffamation.

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