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Société

Un Saint-Lois se rappelle de la libération de la ville, 74 ans après

mercredi 18 juillet 2018 à 5:35 Par Adrien Bossard, France Bleu Cotentin

Jean Mignon était âgé de 14 ans, lorsque Saint-Lô était libéré de l'occupation allemande. Un événement historique qu'il vivra à distance, comme beaucoup de Saint-Lois, après avoir fui la ville. Il s'était réfugié chez ses grands-parents, à Milly.

Jean Mignon s'est plongé dans les livres pour savoir ce qui s'est réellement passé le 18 juillet 1944 à Saint-Lô.
Jean Mignon s'est plongé dans les livres pour savoir ce qui s'est réellement passé le 18 juillet 1944 à Saint-Lô. © Radio France - Adrien Bossard

Saint-Lô, France

La ville de Saint-Lô commémore, ce mercredi 18 juillet, les 74 ans de sa libération. Le 18 juillet 1944 met fin à l'occupation allemande. Mais pas de scènes de liesse comme à Paris. Lorsque les Américains libèrent la ville, il n'y a déjà plus un seul Saint-Lois. Les GI découvrent une ville fantôme, tous les habitants sont partis, évacués par les Allemands. C'est le cas de Jean Mignon, 14 ans à l'époque. Il avait fuit, avec sa famille, chez ses grands-parents. "Ils habitaient à 70 kilomètres plus au sud, dans le village de Milly. On est parti avec mes parents, mes deux sœurs et mon petit frère". C'était alors, le 9 juin 1944, soit deux jours après le bombardement de la ville.

Jean Mignon décrit un voyage épique. "On avait le landau de mon petit frère. Ce n'était pas les poussettes d'aujourd'hui hein, rigole-t-il. Je me demande comment les roues ont pu tenir. Mon petit frère était très malade, il vomissait tout le lait qu'il buvait. Il était très amaigri. Franchement, c'est un miracle qu'il ait été en vie. On se réfugiait dans des fermes sur la route pour manger un bout et pour ne pas être attrapé par les Allemands. Mais on a finalement réussi à gagner la ferme de mes grands-parents."

"Je ne réalisais pas la portée historique de l’événement"

S'ensuivent près de 2 mois. Saint-Lô est libéré depuis le 18 juillet mais Jean Mignon ne l'apprendra que le 4 août 1944. _"On était à table, c'était le déjeuner. Et un enfant du village est arrivé en criant que les Américains étaient dans le bourg. J'ai accouru et je suis tombé nez à nez avec un GMC. Un gros camion où étaient des soldats. L'un deux m'a tendu mon premier chewing-gum et je lui ai dit "_Thank you". Disons que ça l'a fait rire. Je ne réalisais pas la portée historique de l’événement. J'ai vécu ça comme un enfant de 14 ans, émerveillé de voir des soldats américains."

Les nombreux ouvrages consacrés à la Seconde Guerre Mondiale que Jean Mignon collectionne. - Radio France
Les nombreux ouvrages consacrés à la Seconde Guerre Mondiale que Jean Mignon collectionne. © Radio France - Adrien Bossard

"Si mon professeur nous avait dit avant que l'on fuit Saint-Lô, "Les enfants, regardez-bien la ville ce soir, car demain, elle sera détruite", on ne l'aurait pas cru"

Son père se rend alors à Saint-Lô, pour savoir si la petite maison familiale est habitable. Mais il déchante vite. Plus rien n'est en état. La famille s'établit alors quelques temps à Coutainville. Jean Mignon, lui, retrouvera Saint-Lô en décembre 1944, pour continuer ses études. Et là, il réalise. "C'était lunaire, se souvient-t-il. Un paysage de désolation. C'était ruines sur ruines. Quand on avait quitté la ville, bien sûr certains endroits était en flammes, on n'était que quelques jours après le bombardement. Mais je n'aurais jamais imaginé ça. Si mon professeur nous avait dit, avant que l'on fuit Saint-Lô, "Les enfants, regardez-bien la ville ce soir, car demain, elle sera détruite", on ne l'aurait pas cru. Et pourtant, c'était bien ça que je voyais des mois plus tard : une ville détruite."