Société

Un SDF sur dix est diplômé de l'enseignement supérieur

Par Thibaut Lehut, France Bleu jeudi 29 septembre 2016 à 12:05

Une personne sans domicile fixe.
Une personne sans domicile fixe. © Maxppp -

En France, 14% des personnes sans domicile fixe ont suivi des études supérieures, et 10% ont été diplômés. C'est le résultat d'une étude réalisée en 2012 et publiée mercredi par l'Insee et l'Ined.

Un diplôme n'est pas un rempart contre la précarité. C'est la conclusion d'une étude publiée mercredi par l'Insee et l'Ined. Sur les 143.000 sans-abris vivant en France en 2012, 14% ont réalisé des études supérieures et 10% en sont sortis diplômés.

Une expérience de la rue qui peut commencer dès les études

Une proportion minoritaire mais "loin d'être négligeable", soulignent Philippe Cordazzo et Nicolas Sembel, qui ajoutent que la "sans-domiciliation" peut commencer alors que les études ne sont pas achevées. 15% des sans-abris ayant suivi un cursus dans le supérieur se sont en effet retrouvés à la rue pour la première fois au cours de ces études.

Les deux chercheurs se sont aussi aperçus que ces SDF diplômés n'avaient pas forcément le même vécu de la rue que les non-diplômés. "Ils ont un rapport à l'emploi un peu plus dynamique, un état de santé jugé (par eux) plus souvent comme très bon, une expérience plus tardive de la sans-domiciliation, et un soutien plus actif de leur réseau de sociabilité (amis, proches, voisins, famille)", expliquent-ils.

Des hommes diplômés en France, des femmes diplômées à l'étranger

Les scientifiques font également un distinguo entre ceux qui ont été diplômés en France et les autres. Les premiers sont "plus souvent des hommes plus âgés, un peu plus souvent issus de classes sociales défavorisées, un peu moins parisiens".

Les diplômés à l'étranger sont de leur côté "souvent des femmes, âgées entre 30 et 49 ans, voire moins de 30 ans, avec enfant (s) (le plus souvent en couple mais aussi seules), un peu plus souvent issues de classes moyennes". Ces personnes diplômées à l'étranger se retrouvent à la rue suite à une détérioration de leurs conditions de vie "à leur arrivée en France". "Faute de valorisation de leur diplôme, d'obtention d'un diplôme français ou d'une équivalence et, souvent à cause de discrimination", elles sont touchées par la "pauvreté".

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