Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

"Un soulagement absolu": 40 ans après, les militants belfortains racontent l'élection de François Mitterrand

Le 10 mai 1981, François Mitterrand était élu président de la République. Une première pour un candidat issu de la gauche dans l'histoire de la Cinquième République. Entre effusion de joie et grands espoirs, les militants belfortains de l'époque ce souviennent de ce jour si particulier.

François Mitterrand en visite à Belfort en avril 1981, un mois avant son élection.
François Mitterrand en visite à Belfort en avril 1981, un mois avant son élection. © Getty - Alexis Duclos

"La première image qui me vient ? La place de la République noire de monde, et ça chante et ça danse", décrit avec passion Marie-Antoinette Vacelet, soutien de François Mitterrand. Il y a 40 ans jour pour jour, le 10 mai 1981, il devenait le premier président socialiste de la Cinquième République

23 ans de règne de la droite en France

A 20 heures, le visage du candidat du PS se dessine petit à petit sur les écrans de télévisions. Ses partisans exultent partout en France, et à Belfort, c'est sur la place de la République. Des centaines de militants attendent depuis plusieurs heures les résultats au sous-sol de la salle des fêtes. "L'apparition progressive de Mitterrand à la télé, c'est vraiment ce qu'il me reste de ce 10 mai. Avant même les 20 heures on sentait que la tendance à gauche était très très forte. Il y avait un mouvement favorable à la gauche avant même les élections", affirme Jean-Pierre Maurel, militant socialiste et conseil municipal à Belfort. "Evidemment, il fallait arroser cette victoire. Assez rapidement les bars qui étaient sur la place de la République n'ont plus une goutte à vendre", détaille Marie-Antoinette Vacelet. 

Alors professeur d'histoire au lycée Condorcet de Belfort, elle se souvient d'une "euphorie extraordinaire" mais aussi d'un "soulagement absolu" après 23 ans de règne de la droite. L'élection de celui qui fût battu en 1974 par Valéry Giscard d'Estaing suscite alors beaucoup d'attente chez ses partisans. "Dans l'enseignement, on sortait d'un septennat lamentable, avec des classes très chargées, plus de créations de postes. Et Mitterrand promettait des postes, mais surtout une autre vision de l'éducation. C'était un espoir dans la profession, mais aussi d'une vie qui allait changer pour tout le monde", explique-t-elle. 

Vous n'aviez pas un espace libre au matin du 10 mai à Belfort, il y a avait du François Mitterrand partout - Alain Dreyfus-Schmidt, 18 ans et colleur d'affiche pour le PS en 1981

A l'époque, le Territoire de Belfort est un fief de gauche. François Mitterrand y réalise le meilleur score de Franche-Comté au second tour, avec 56 % des suffrages. Les deux députés du département, Jean-Pierre Chevènement et Raymond Forni sont socialistes. Tout comme le sénateur, Michel Dreyfus-Schmidt. 

Cadre signé par François Mitterrand à destination de Michel Dreyfus-Schmidt, sénateur socialiste du Territoire de Belfort.
Cadre signé par François Mitterrand à destination de Michel Dreyfus-Schmidt, sénateur socialiste du Territoire de Belfort. - Alain Dreyfus-Schmidt

Son fils, Alain, avocat au barreau de Belfort et ancien bâtonnier se rappelle de cette journée du 10 mai : "Au matin, vous n'aviez pas un espace de libre à Belfort, il y avait du François Mitterrand absolument partout. On se levait à quatre-cinq le matin pour aller coller des affiches. Le soir, nous étions tous serrés les uns contre les autres devant les postes de télévision au sous-sol de la salle des fêtes. On n'y croyait sans trop y croire, la droite était là depuis 1958, je n'avais connu que ça et c'est vrai qu'à 20h lorsque le visage de François Mitterrand est apparu on a tout de suite compris que François Mitterrand était élu. Il a plu, un orage a éclaté sur le coup de 22 heures et on a tourné dans Belfort en klaxonnant, avec de la musique, il y avait évidemment beaucoup beaucoup beaucoup d'espoir."

Quid des chars soviétiques ?

Dans le camp d'en face, à droite, en revanche, ce 10 mai 1981 est synonyme de soupe à la grimace, avec cette crainte : voir débarquer les chars soviétiques. "Il y avait le peuple de gauche dans la rue, et celui de droite était lui dans des blockhaus, dans des caves et attendait que les chars ne débarquent. C'était très tendu, et il y avait des communistes dans l'entourage de François Mitterrand, ça faisait peur à l'électorat de droite", "A l'époque certains y croyaient vraiment", s'amusent Alain Dreyfus-Schmidt et Jean-Pierre Maurel.

Un mois avant son élection, François Mitterrand s'était rendu dans le Nord Franche-Comté. Accompagné des deux députés Jean-Pierre Chevènement et Raymond Forni, il avait visité la citadelle et le Lion de Belfort. Puis le candidat socialiste s'était rendu à Sochaux. Il avait alors promis s'il était élu, de demander à son gouvernement un plan de sauvegarde pour l'industrie automobile.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess