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Un voyage inédit pour une quarantaine "d'enfants réunionnais de la Creuse"

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Par , France Bleu Creuse

Pour la première fois, une quarantaine d'anciens "enfants réunionnais de la Creuse", vont retourner ensemble sur l'île où ils sont nés, et dont ils ont été déracinés par l'Etat français. Sur place ils retrouveront leur famille. Ils espèrent se réconcilier avec leur histoire.

Certains enfants réunionnais avaient été accueillis en Lozère
Certains enfants réunionnais avaient été accueillis en Lozère - Génération Brisée-Jean-Charles Pitou

Les "enfants de la Creuse", entament un grand voyage vers la Réunion. Pour la première fois, une quarantaine de personnes déracinées par l'Etat Français dans les années 60 à 80 vont se rendre ensemble sur leur île natale. 

Un premier groupe décolle lundi 30 novembre de Paris. Ils sont accompagnés de proches et de spécialistes de cette page de l'histoire. C'est donc une délégation de 70 personnes qui atterrira sur l'île de La Réunion. L'Etat a financé le billet d'avion et une partie de l'hébergement des anciens mineurs déracinés, afin qu'ils puissent se réconcilier avec leur histoire et réhabiliter leurs familles. 

Des temps-forts avec la population réunionnaise 

Sur place les anciens mineurs déracinés retrouveront leurs familles. Certains reverront leurs proches pour la première fois depuis leur exil. Ils participeront aussi  à des échanges culturels avec la population. Plusieurs conférences sont prévues à Saint-Denis de la Réunion durant la journée du 5 décembre. Des experts de la commission nationale des enfants de la Creuse , des juristes, des universitaires ou encore des romanciers, comme l'auteure creusoise Corine Valade, s'exprimeront. 

Le dimanche 6 décembre, un concert est aussi organisé. Les anciens enfants de la Creuse espèrent ainsi renouer avec la population réunionnaise

Un projet de lieu de mémoire à Guéret

Ces derniers mois, la reconnaissance de cette page de l'histoire semble avancer, selon Valérie Andanson, Secrétaire de la Fédération des Enfants Déracinés des territoires d'Outre-Mer. 

Outre ce voyage inédit, en partie financé par l'Etat, des projets de création de lieux de mémoire sont en bonne voie. Un lieu de ressource devrait être créé à Guéret, en partenariat avec la Région Nouvelle Aquitaine. "Ce lieu de ressource retracera l'histoire des enfants de la Creuse à travers de nombreux documents", explique Valérie Andanson. 

Il devrait contenir une bibliothèque, des archives, des photos et des documentaires 

La représentante des anciens mineurs déracinés espère qu'il pourra ouvrir ses portes en 2023. Un lieu de mémoire est aussi en projet à Saint-Denis de la Réunion. Les enfants réunionnais de la Creuse réclament des lieux de mémoire depuis plusieurs années. Ils souhaitent aussi que leur histoire entre dans les manuels scolaires

Plus de 2.000 enfants déracinés 

De 1962 à 1984, l'Etat français a entrepris de repeupler certains départements touchés par l'exode rural. Les autorités ont alors transplanté des enfants des territoires d'Outre-mer, principalement issus de l'île de la Réunion, vers les départements ruraux de métropole. Plus de 2.000 enfants, parfois orphelins, parfois enlevés à des familles pauvres, ont ainsi été déplacés et coupés de leurs racines. La Creuse a été le département qui a reçu le plus fort contingent d'enfants (environ 200). Elle a donné son nom à cette page de l'histoire. 

Une fois en métropole certains enfants réunionnais ont pu être adoptés, mais d'autres ont eu "des chemins très difficiles. La plupart ont subi de la maltraitance, voire des viols", rappelle Valérie Andanson. 

En 2014, l'assemblée nationale a reconnu "la responsabilité morale de l'Etat", dans la migration forcée de 1.600 enfants réunionnais vers la métropole. Le nombre d'enfants concernés est sans doute encore plus élevé, vu l'évolution des recherches. La fédération des Enfants Déracinés des territoires d'Outre-Mer estime aujourd'hui que 2.015 mineurs ont été déplacés. 

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