Société

Une belle histoire de 2016 : à 50 ans, il retrouve son père et redonne de l'espoir à d'autres enfants dans l'Indre

Par France Bleu Berry, France Bleu Berry et France Bleu lundi 26 décembre 2016 à 18:58

Défilé militaire de GI's sur la base de l'Otan à Châteauroux.
Défilé militaire de GI's sur la base de l'Otan à Châteauroux. © Maxppp - ©La Nouvelle République - Service Documentation

Né à Châteauroux en 1966 d'un père américain, un GI stationné sur la base de l'Otan dans l'Indre, Nordine Mohamedi a retrouvé sa famille paternelle après des années de recherches. Il a aussi redonné de l'espoir à de nombreux enfants dans le même cas en Berry, c'est une belle histoire de 2016.

Pour Nordine Mohamedi, c'était l'aboutissement de plusieurs années de quête, il y a quelques mois, ce Castelroussin retrouvait enfin la trace de son père. Né en 1966 à Châteauroux, Nordine ne connaissait de son géniteur que le nom et le prénom, celui d'un GI américain stationné sur la base de la Martinerie dans l'Indre. A 50 ans, c'est un test ADN réalisé à Londres qui lui a finalement permis d'entrer en contact avec sa famille. Un site internet s'est ensuite chargé d'analyser l'ADN et a mis Nordine Mohamedi en relation avec des personnes qui avaient des expériences communes avec lui, la démarche n'est pas autorisée en France. C'est ainsi que le Berrichon a retrouvé sa famille paternelle au Texas et appris que son père était décédé en mars 1967 à l'âge de 21 ans. Il compte désormais faire le voyage aux Etats-Unis pour rencontrer ses cousins et découvrir l'homme qu'était son père.

"Je souhaite vraiment que vous connaissiez cela vous aussi" - Nordine Mohamedi

Et si l'issue de cette recherche est heureuse pour Nordine Mohamedi, elle a aussi pour effet de redonner de l'espoir à de nombreuses personnes dans son cas. En novembre dernier, il est d'ailleurs venu à Châteauroux à la rencontre de plusieurs Berrichons eux aussi nés d'un père américain qu'ils ne connaissent pas. Muni de son ordinateur et de son arbre généalogique, il est venu détailler ses démarches : "J’ai envie de les aider, de les prendre un petit peu par la main, de leur dire comment j’ai procéder, de leur dire que ce n’est pas irréalisable que cela peut se faire, qu’on peut trouver la vérité, qu’il y a des solutions pour cela".

La base aérienne de la Martinerie à Châteauroux a accueilli des militaires américains de 1951 à 1967. - AFP
La base aérienne de la Martinerie à Châteauroux a accueilli des militaires américains de 1951 à 1967. © AFP - Archives

Ces tests ADN, c'est une nouvelle opportunité d'en savoir plus pour Dorine, 58 ans, qui a été élevée par ses grands-parents, "j’ai écrit aux États-Unis, les archives militaires, Saint-Louis à Paris, les plateaux de télé, j’ai tout fait" mais sans résultat regrette-t-elle. Le parcours de Nordine Mohamedi et les explications sur sa méthode la motivent. C'est aussi le cas de Michel, à 55 ans, il ne savait rien de son père jusqu'au décès de sa mère il y a neuf ans, aujourd'hui, il voudrait enfin connaître cette "moitié" qui lui manque et espère que lui aussi trouvera une famille, "j’ai peut-être des demi-frères, demi-sœurs, c’est ça qui m’intéresse surtout maintenant" précise-t-il. Nordine Mohamedi leur a en tout cas promis de revenir à Châteauroux pour suivre l'avancée de leurs recherches à l'avenir.

Plusieurs enfants nés d'un père GI à cette époque ne l'ont jamais revu. - Maxppp
Plusieurs enfants nés d'un père GI à cette époque ne l'ont jamais revu. © Maxppp - La Nouvelle République - Service documentation
En 1951, quand les autorités françaises remettent le site aux américains,  il occupe une surface totale à 386 hectares.  - AFP
En 1951, quand les autorités françaises remettent le site aux américains, il occupe une surface totale à 386 hectares. © AFP - Archives