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Société

Une association lance une campagne nationale pour parler de l'excision aux adolescentes

vendredi 3 mars 2017 à 14:31 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

L'association "Excision, parlons-en!" lance ce vendredi une campagne de prévention et un site d'information pour parler de l'excision aux adolescentes. Une fille sur trois est menacée d'excision lorsqu'elle rejoint son pays d'origine pour les vacances, indique l’association.

Selon l'Unicef, 30 millions de jeunes filles risquent d'être victime d'excision dans les dix ans à venir.
Selon l'Unicef, 30 millions de jeunes filles risquent d'être victime d'excision dans les dix ans à venir. © AFP - Nichole Sobecki

"Tu pensais partir en vacances?" C'est le slogan de la campagne de prévention lancée par l'association "Excision, parlons en!", qui lance ce vendredi une campagne de prévention et un site d'information spécifique pour les 12-18 ans. Une fille sur trois est menacée d'excision quand elle rejoint le pays d'origine de ses parents pour les vacances, s'inquiète mercredi l'association.

Trois adolescentes sur dix qui vivent en France seraient menacées d'excision

"Chaque année, durant les grandes vacances, des milliers d'adolescentes retournent dans le pays d'origine de leurs parents où elles risquent de subir une mutilation sexuelle féminine", explique à l'agence AFP Moira Sauvage, présidente de cette association-réseau créée en 2013. Trois adolescentes sur dix qui résident en France sont ainsi menacées, selon l'association qui lance jusqu'au 30 juin la campagne nationale "Alerte excision" avec une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et des affiches portant le slogan "Tu pensais partir en vacances?".

Je n'oublierai jamais les cris de ma soeur, qui depuis est handicapée mentale" - Florine, victime d'excision

Sur le site internet, l'association explique aux plus jeunes ce qu'est l'excision, ses conséquences, les pays qui la pratiquent et fournit les coordonnées d'associations en France et en Belgique. Elle cite l'exemple de Florine (tous les prénoms ont été modifiés), partie en vacances à 12 ans en Guinée-Conakry. "Nous allions découvrir le soleil, la mer et la plage. Mais les vacances se sont transformées en cauchemar", témoigne-t-elle. Le jeune fille raconte son excision avec sa sœur et ses cousines chez sa grand-mère. "Une femme nous a tenu les jambes, une autre nous écrasait la poitrine pour nous empêcher de crier et une troisième tranchait à vif dans les chairs. Je n'oublierai jamais les cris, en particulier de ma sœur, qui depuis est handicapée mentale", poursuit l'adolescente dans le témoignage recueilli par l'association.

Il y a des femmes excisées parmi nos voisines, les camarades de nos enfants, nos collègues" - Moira Sauvage, présidente de l'association

Pour Marie, adolescente confiée le temps d'un été à sa grand-mère au Sénégal, le souvenir le plus douloureux reste celui de l'après-excision: "des soins au beurre de karité mélangé aux cendres, puis le fait d'uriner dans un seau d'eau pour atténuer la douleur"."En France, on pense que nous ne sommes pas concernées mais il y a des femmes excisées parmi nos voisines, les camarades de nos enfants, nos collègues", poursuit Moira Sauvage. Elle estime à environ 60.000 le nombre de femmes excisées vivant sur le territoire français.

Deux numéros verts pour signaler les cas

Pour en parler ou signaler, les numéros verts 119, Allo Enfance en Danger, et 3919, pour les femmes victimes de violences, sont disponibles. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recensait en 2014 plus de 125 millions de victimes d'excision, pratiquée dans 29 pays d'Afrique, d'Asie et du Proche-Orient. Selon l'Unicef, 30 millions de jeunes filles risquent d'en être victimes au cours des dix prochaines années.