Société

Une centaine de personnes en grève au Leclerc de Saint-Pierre-lès-Elbeuf

Par Sixtine Lys, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) vendredi 10 novembre 2017 à 18:52

Les grévistes étaient une centaine devant les portes du Leclerc de Saint-Pierre-lès-Elbeuf.
Les grévistes étaient une centaine devant les portes du Leclerc de Saint-Pierre-lès-Elbeuf. © Radio France - Sixtine Lys

Cadences infernales, harcèlement... Les salariés du Leclerc de Saint-Pierre-lès-Elbeuf se sont mis en grève hier vendredi 10 novembre, toute la journée, pour protester contre les conditions de travail, décrites comme insoutenables depuis l'arrivée de la nouvelle direction.

Delphine travaille au rayon charcuterie. A cause du stress, elle a développé un psoriasis. Sa main est gonflée, violette et gercée. Il y a quelques semaines, on a changé les horaires de cette mère de trois enfants sans consultation.

Les employés du Leclerc Drive sont présents aussi, aux côtés de ceux qui travaillent au magasin, devant les grilles exceptionnellement fermée de la grande surface. Pour tous, les motifs de grève sont nombreux. Les salariés sont stressés, mais surtout ils ne sont pas remplacés.

Florent est préparateur de commande au drive "J'étais en accident du travail pendant deux semaines et je n'étais même pas remplacé. Il faudrait avoir un accident du travail de plusieurs mois pour qu'on envoie quelqu'un."

La cadence augmente mais les effectifs baissent

Harcèlement, pression, la cadence qui augmente alors que les effectifs baissent... Marilyn commence à 4h30 le matin, et n'a plus de pause avant 9h. "Quand on arrive au magasin avec une boule au ventre, on a plutôt envie de partir."

Et celles en premières lignes, face aux clients, ce sont les caissières. "C'est la folie, on a cinq ou six caddies par caisse, sans interruption. Moi, le soir, je suis complètement éreintée."

On arrive au magasin avec une boule au ventre

Et tout ce qu'exige Sebastien David, délégué syndical CGT, c'est le dialogue. "Nous on demande simplement une reconnaissance, qu'on soit respecté, qu'on arrête de parler aux gens comme des chiens. On demande juste le dialogue." La CGT demande une expertise sur les risques psychosociaux.

La grève a duré jusqu'à 18h, et le magasin est resté fermé toute la matinée. S'ils n'obtiennent pas une réponse après cette grève, les salariés pourraient renouveler le mouvement au moment des fêtes. La direction n'a pas répondu à nos appels.