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Dossier : Incendie de Notre-Dame

Une chercheuse de l'université du Mans enquête sur la charpente de Notre-Dame de Paris

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Par , France Bleu Maine, France Bleu

Spécialiste en histoire et archéologie du Moyen-Age, Aline Durand, professeur des universités, fait partie des chercheurs travaillant sur la charpente de Notre-Dame de Paris, en partie brûlée. La Sarthoise va contribuer à déterminer son état sanitaire et la provenance des chênes qui la composent.

Des ouvriers travaillent le 24 novembre 2020 pour retirer l'échafaudage brûlé du toit de Notre-Dame, après l'incendie de l'édifice au mois d'avril 2019.
Des ouvriers travaillent le 24 novembre 2020 pour retirer l'échafaudage brûlé du toit de Notre-Dame, après l'incendie de l'édifice au mois d'avril 2019. © AFP - Martin Bureau

Cette catastrophe s’est transformée en un immense laboratoire”, résume Aline Durand. La Sarthoise, professeure des universités en histoire et archéologie du Moyen-Age, ne cache pas son enthousiasme fin décembre, à la veille d’entamer son travail d’étude de la charpente brûlée de Notre-Dame de Paris. “Cela peut sembler affreux de le dire ainsi mais pour nous, c’est une opportunité qui, par son ampleur et son niveau, ne se représentera probablement jamais”, ajoute la chercheuse, responsable du Centre de recherche en archéologie, archéosciences et histoire (CReAAH) à l’université du Mans. 

Dans le cadre du vaste chantier scientifique de Notre-Dame de Paris, piloté par le CNRS et le ministère de la Culture, Aline Durand est chargée avec d’autres collaborateurs, d’analyser l’état du bois de la charpente ainsi que sa provenance. Même si des éléments existent déjà sur ce sujet, ils ne sont que parcellaires. Le travail de la Sarthoise sera déterminant pour faire avancer les connaissances sur la cathédrale parisienne, en partie détruite par l’incendie le 15 avril 2019.  

Dans quel état est réellement la charpente de Notre-Dame ? 

Pour effectuer ses recherches, Aline Durand aura accès aux morceaux de charpente brûlés actuellement stockés dans un vaste entrepôt en région parisienne, près de Roissy. La Mancelle, spécialiste en histoire et archéologie du Moyen-Age, va devoir dans un premier temps évaluer l’état sanitaire des bois de chêne. “Je dois essayer de déterminer, grâce aux vermoulures, les insectes qui ont colonisé ces bois. Nous voulons connaître le degré d’infestation des bois de Notre-Dame : 10% ? 20% ? 30% ?”, explique-t-elle. 

Car il existe “des idées reçues à ce sujet” justifie Aline Durand. “La charpente n’est peut-être pas en si bon état qu’on le dit.” Ensuite, détaille la chercheuse, “nous devons déterminer quels types de ravageurs du bois ont colonisé la charpente. Nous sommes capables de dire, selon les insectes, si le bois a été colonisé sur pied (c’est-à-dire au moment où il était vivant), une fois stocké ou bien lorsque le bois était déjà manufacturé et que la charpente était déjà en place.

D’où vient le bois de la charpente de Notre-Dame ? 

La seconde question à laquelle va devoir tenter de répondre la professeure de l’université du Mans est celle de l’origine du bois utilisé pour la charpente de Notre-Dame de Paris. Certes, au Moyen-Age, l’Evêché était propriétaire de vastes forêts en Ile-de-France mais rien n’indique que les chênes utilisés pour la cathédrale en soient issus. Sur ce sujet, aussi curieux que cela puisse paraître, “il n’existe pas, à l’heure actuelle, de données fiables”, indique Aline Durand. 

Pour ce faire, la Mancelle va s’appuyer sur les données des dendrochronologues qui, à partir des cernes de rondelles de bois de la charpente, vont pouvoir dater précisément les chênes utilisés. “Ils disposent de courbes de référence par régions”, explique la chercheuse qui, elle, travaillera sur les sources écrites (de la période médiévale XIe - XIIIe siècle) pour corroborer cette datation et surtout préciser l’origine du bois. “Nous verrons si les résultats des dendrochronologues correspondent ou non à l’état des propriétés ou d’achats figurant dans les archives", explique-t-elle. 

Vers une meilleure connaissance de l’état des forêts au Moyen-Age 

Aline Durand émet l’hypothèse qu’au moins une partie du bois de la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris ne provient pas d’Ile-de-France. “D’après nos sources, on pense que l’Evêché a acheté du bois, lequel est venu par bateau via la Marne, l’Yonne ou la Seine. Les arbres ont aussi pu être remontés des forêts des boucles de la Seine”, avance la professeure, spécialiste en histoire et archéologie du Moyen-Age. Plus largement encore, au-delà du seul cas de Notre-Dame de Pairs, les recherches permettront de préciser l’état des forêts à l’époque : leur physionomie, leur structure, leur morphologie (futaies ? taillis ?). “C’est l’un des enjeux du projet”, précise Aline Durand.  

Dans quel état est le bois de la charpente ? - Aline Durand, chercheuse, professeure des Universités au Mans

D'où vient le bois de la charpente ? - Aline Durand, chercheuse, professeure des Universités au Mans

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