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Une collecte de serviettes hygiéniques et de tampons à Grenoble parce qu'il n'est "pas normal de payer pour saigner"

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Par , France Bleu Isère

Pour aider celles qui ne peuvent pas s'en payer, la ville de Grenoble et plusieurs associations lancent lundi 3 juin une grande collecte de serviettes hygiéniques et de tampons.

Ces deux femmes qui ont cotoyé la rue se sont engagés dans la collecte de protections hygiéniques à Grenoble.
Ces deux femmes qui ont cotoyé la rue se sont engagés dans la collecte de protections hygiéniques à Grenoble. © Radio France - Justine Dincher

Alors qu'un tiers des femmes dans le besoin ne changent pas suffisamment leurs protections hygiéniques (*), la mairie de Grenoble et plusieurs associations lancent ce lundi 3 juin une collecte de serviettes et de tampons. 

Pendant cinq jours, vous pouvez déposer ces produits, non usagés, dans des boîtes installées dans les maisons des habitants de plusieurs quartiers (Capuche, Anatole-France, Prémol, Chorier-Berriat, Teisseire-Malherbe, etc.), au CCAS ou à l'hôtel de ville de Grenoble. Les dons seront redistribués très rapidement à des femmes qui en manquent.

"Se dépolluer de certains préjugés"

Cette collecte, mise en place par la ville avec le planning familial ou encore l'association "femmes SDF", doit également permettre de "briser un tabou". "Il faut se dépolluer de certains préjugés", explique le maire de Grenoble, "il nous faut nous acculturer à cette discrimination". "Voir dans les publicités de l'eau bleue à la place des régles; par exemple, contribue à masquer la réalité et empêche d'amener sur la place publique ce sujet qui concerne plus de la moitié de la population, et donc qui nous concerne toutes et tous", poursuit Éric Piolle. 

La ville s'est associée à plusieurs associations pour mettre en place cette collecte de serviettes hygiéniques et de tampons.
La ville s'est associée à plusieurs associations pour mettre en place cette collecte de serviettes hygiéniques et de tampons. © Radio France - Justine Dincher

Plus de 3.000 euros de serviettes et de tampons dans une vie

La semaine dernière, Marlène Schiappa, secrétaire d'état à l'égalité femmes-hommes, a annoncé un projet d'expérimentation pour distribuer gratuitement des serviettes et des tampons dans les "lieux collectifs". "C'est bien d'y réfléchir, mais c'est mieux d'agir", réagit Pauline Coiffard, "il y a urgence pour toutes les personnes qui n'ont pas les moyens d'acheter des protections et qui mettent parfois du papier toilette dans leurs culottes. Il n'est pas normal d'en arriver là, ou d'avoir des infections".

On estime que les règles coûtent entre 3.000 et 20.000 euros dans une vie" — Pauline Coiffard

D'après cette membre du planning familial à Grenoble, "l'achat des protections hygiéniques revient à 3.000 euros dans la vie d'une personne menstruée". "Après, il y a les médicaments anti-douleurs, les sous-vêtements ou les draps abîmés par exemple. Alors là, on atteint 20.000 euros", explique Pauline Coiffard pour qui "on n'a pas à payer pour quelque chose qu'on ne maîtrise pas" et pour qui "il n'est pas normal de payer pour saigner".

Des règles "honteuses" quand on vit dans la rue

Messaouda, 43 ans, a connu le monde de la rue. Aujourd'hui, cette ancienne femme est SDF en est sortie, mais elle veut aider celles qui n'ont pas sa chance en participant à cette collecte : "Je pense à mes amies qui sont dans la rue, qui n'ont pas trop de moyens pour s'en payer parce que c'est trop cher". 

"On a honte de demander à des gens de nous en payer, surtout quand ce sont des hommes. Je vais donc participer à cette collecte, et ce serait bien qu'elle dure toute l'année", conclut la Grenobloise.  

(*) sondage Ifop pour "Dons solidaires", mars 2019

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