Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Attentat de Conflans-Sainte-Honorine

Une école Samuel Paty à Cap-d'Ail, projet qui divise

-
Par , France Bleu Azur, France Bleu

Le maire de Cap d'Ail (Alpes-Maritimes) souhaite renommer l'école maternelle Saint-Antoine du nom de Samuel Paty, l'enseignant assassiné pour avoir montré des caricatures de Mahomet. Une décision qui inquiète des parents d'élèves. Ils craignent que l'école devienne une cible des terroristes.

Le maire de Cap d'Ail souhaite renommer l'école maternelle Saint-Antoine du nom de Samuel Paty. Une décision qui inquiète des parents d'élèves
Le maire de Cap d'Ail souhaite renommer l'école maternelle Saint-Antoine du nom de Samuel Paty. Une décision qui inquiète des parents d'élèves © Radio France - Sonia Ghobri

Pour ou contre une école "Samuel Paty "? La question divise à Cap-d'Ail (Alpes-Maritimes). C'est le souhait de Xavier Beck, le maire Les Républicains de la commune pour rendre hommage au professeur d'histoire-géo décapité le 16 octobre dernier. "On ne peut plus se satisfaire de simples minutes de silence, de moments de recueillement. On commence à les collectionner et je pense qu'il est important que ce ne soit plus des moments éphémères et que le nom de Samuel Paty soit inscrit dans le marbre, sur une plaque, à côté de notre devise républicaine : liberté, égalité, fraternité"

"La religion, la politique n'ont pas leur place dans une école. Et puis cela érigerait cette école en symbole pour un terroriste."

La décision a été votée lors d'un conseil municipal exceptionnel, le 23 octobre dernier.  Seuls les quatre élus d’opposition ont voté contre. "Ce n'est pas que nous ne voulons pas lui rendre hommage, bien au contraire. Mais la religion, la politique n'ont pas leur place dans une école. Puis, cela érigerait cette école en symbole pour un terroriste. Je pense que les risques ont été minimisés et ce n'est pas parce qu'on nomme une école Samuel Paty que l'on est résistant. On peut résister avec d'autres moyens", explique Romain Pommeret, élu d'opposition. Il reproche par ailleurs au maire de Cap-d'Ail d'avoir pris cette décision précipitation : "Le conseil municipal a été réuni une semaine après l'attentat, tout le monde était encore dans l'émotion, il n'y a aucun dialogue." 

Inquiétude des parents 

De nombreux parents d'élève de l'école maternelle Saint-Antoine sont inquiets. Une pétition a été lancée. Ils craignent que l'établissement deviennent une cible des terroristes et que cela fasse donc courir un risque à leurs enfants. C'est le cas de Pamela. "L'école de Cap d'Ail n'a rien à voir avec ce pauvre Samuel Paty. Ma fille est scolarisée ici, l'an prochain mon autre fille fera sa rentrée ici, donc j'ai un peu peur à cause de tous les attentats, les menaces... En plus, l'école n'est pas sécurisée. Ce n'est pas sensé de la part de Monsieur le maire de faire ça". 

"À la rentrée, des parents n'ont pas mis leur enfant à l'école pendant une semaine par crainte, par mécontentement."

Cyril était venu assister à la délibération du conseil municipal pour manifester son opposition. Un mois plus tard, il ne décolère pas. "On ne digère pas. On ne digère pas du tout. À la rentrée, des parents n'ont pas mis leur enfant à l'école pendant une semaine, par crainte, par mécontentement. Certains parents ont changé leur enfant d'école, ils sont partis dans une autre ville". Ce père d'élève envisage de prendre la même décision : "J'y réfléchis. Pour l'instant la plaque n'a pas été changé..." 

"Nous avons à faire à des actes de terrorisme et comme l'indique c'est fait pour terroriser."

Xavier Beck, le maire de Cap d'Ail ne reviendra pas sur sa position. " Est-ce que ceux qui vont écouter aujourd'hui un concert au Bataclan sont des cibles ? Non ! Est-ce que ceux qui boivent un verre en terrasse de café sont des cibles ? Non. La question n'est pas là, la question c'est que nous avons affaire à des actes de terrorisme et comme l'indique c'est fait pour terroriser". 

L'élu assure comprendre les inquiétudes et veut rassurer. Il cite l'exemple du collège Arnaud Beltrame à Pégomas (Alpes-Maritimes). Le lieutenant-colonel Beltrame est l'une des victimes de l'attentat du Super U de Trèbes (Aude) en 2018. "Quand, au conseil départemental, nous avons décidé de donner le nom du colonel Beltrame à ce collège, il y a eu les mêmes craintes exprimées par les parents, des pétitions signées. Le collège, les élèves, les professeurs n'ont pas été la cible de terroristes. Il faut rendre hommage à ceux qui le méritent et ce serait dramatique si après la décapitation d'un professeur dans un collège on passe, pour reprendre le terme de certains, à autre chose". 

Matthieu, un parent d'élève, soutient le maire de Cap-d'Ail. "Il ne faut pas tomber dans la peur mais le maire n'aurait pas dû prendre cette décision aussi vite, pendant les vacances scolaires en plus, et sans dialogue avec les parents d'élève. C'est aussi pour cette raison qu'il y a de l'incompréhension. Mais il est important de rendre hommage à Samuel Paty". 

Cyril insiste : "L'hommage n'est pas remis en question, nous avons conscience de la gravité de cet attentat, mais il y a d'autres manières de rendre hommage". Joël, un autre parent d'élève partage cet avis. "Rebaptiser une école maternelle n'est pas approprié. Les enfants sont trop petits pour comprendre ce qui s'est passé, pour comprendre le symbole. La commune aurait pu commander une statue ou renommer une rue, une place..."

Argument non-recevable pour Xavier Beck : "Samuel Paty est un professeur de la République, peu importe qu'il soit professeur dans une école, un collège ou un lycée, c'est un professeur. Ce nom ne peut pas tomber dans l'oublie. D'ailleurs d'autres communes comme Villeneuve-Loubet ou au Cannet-Rocheville dans les Alpes-Maritimes et ailleurs en France ont pris la même décision que nous"

L'élu attend l'accord de la famille de Samuel Paty avant de rebaptiser l’école maternelle Saint-Antoine.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess