Société

Une enquête publique ouverte dans l'Argentonnais en vue d'un projet éolien

Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry mardi 14 novembre 2017 à 6:57

Le projet prévoit la construction de 7 mâts de 183 mètres de haut
Le projet prévoit la construction de 7 mâts de 183 mètres de haut © Maxppp - AltoPress / Maxppp

Une nouvelle enquête publique débute ce vendredi dans l'Indre pour l'implantation de sept éoliennes dans l'Aregnonnais. Elle durera jusqu'au 22 décembre avec des permanences dans les mairie de Vigoux, Celon et Argenton-sur-Creuse.

De nouveau, un projet éolien est en réflexion dans l'Argentonnais. Dix ans après celui porté par la société Nordex qui prévoyait l'implantation de plusieurs éoliennes, la société Centrale Eolienne des Portes de la Brenne -la CEBRE- présente un nouveau dossier.

"Nous envisageons l'implantation de sept mâts de 183 mètres de haut, explique Julien Calabre, responsable développement de la société Solaterra, le bureau d'étude qui se charge de porter le projet pour la CEBRE. "Nous les positionnerons le long de l'A20, de part et d'autres des aires de repos, sur les communes d'Argenton, Vigoux et Celon. Les premières habitations seraient à un peu moins de 700 mètres. C'est une volonté de notre part d'aller au delà des 500 mètres réglementaires pour limiter les nuisances".

Pas assez de vent ?

Parmi les habitations les plus proches, celle de Dominique. Sa maison serait à 680 mètres des mâts. "Je ne veux pas de ces éoliennes au bout de mon champ", martèle t-elle. "Je vais mettre en vente... J'ai rénové ma maison, j'ai choisi de vivre à la campagne... elle ne vaut plus rien aujourd'hui. C'est la deuxième fois qu'on se bat contre un projet éolien. Si celui-ci ne passe pas, on en aura un troisième, je suis révoltée qu'on défigure ainsi la France !" .

Dominique est inquiète des effets des éoliennes sur sa santé. Elle craint aussi que l'activité n'ait des conséquences sur la faune locale et qu'elle impacte le patrimoine. "Nous avons de jolis sites touristiques, nous avons des petits châteaux, des gîtes... qui viendra ? " s'interroge-t-elle. En plus de ses réserves, elle avance un argument de poids : "la précédente étude avait démontré qu'il n'y avait que trois jours de vent par mois en moyenne... Ce n'est pas un site pour implanter des éoliennes ! Comment tourneraient-elles sans vent ? "

Un investissement de 25 à 30 millions d'euros

Argument que réfute Julien Calabre : "Nous avons mis un mât de mesure pendant deux ans. Les riverains ont raison, à niveau d'homme, le vent ressenti n'est pas le même. Mais à 100 mètres du sol, si ! Il n'y a pas d'obstacle. On est sur une vitesse de vent d'à peu près 6 mètres par seconde. C'est largement suffisant pour un parc éolien." Le promoteur estime que l'investissement pour la mise en oeuvre de ce projet sera de 25 à 30 millions d'euros.

L'enquête publique démarre le vendredi 17 novembre. Elle durera jusqu'au 22 décembre avec des permanences dans les mairie de Vigoux (17 nov et 22 décembre), Celon (23 nov et 5 déc) Argenton (2 et 11 décembre)