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Société

Une habitante de Saint-Pierre-la-Cour menacée de mort au Daghestan, doit quitter la France

lundi 29 octobre 2018 à 18:19 Par Martin Cotta, France Bleu Mayenne

Sabina Magomedova, originaire du Daghestan, une république fédérée par la Russie, a fuit son pays en 2013 à cause de son ex-mari, un séparatiste devenu clandestin. Depuis cinq ans, la maman a tout fait pour obtenir un droit de séjour en France. Les habitants de Saint-Pierre-la-Cour se mobilisent.

Sabina (2e en partant de la gauche) avec ses enfants et ses soutiens
Sabina (2e en partant de la gauche) avec ses enfants et ses soutiens © Radio France - Martin Cotta

Saint-Pierre-la-Cour, France

En 2013, Sabina Magomedova vit au Daghestan, une République fédérée par la Russie, à quelques encablures de la Tchétchénie. Son mari, à l'époque, est alors considéré comme un terroriste aux yeux de Moscou. Ayant des aspirations séparatistes, cet homme fait le choix de la lutte armée et entre en clandestinité. La mère de famille, âgée aujourd'hui de 44 ans, ne le supporte pas et obtient le divorce. Une décision que n'accepte pas son ex-mari. Une nuit, à l'aide d'un groupe armé, il va battre Sabina, qui est enceinte de huit mois. Elle perdra l'enfant couvert d'hématomes, le lendemain après l'accouchement. 

Le reportage France Bleu Mayenne de Martin Cotta"

Une santé fragile

Sabina s'enfuit donc en France. Elle arrive au cours de l'année 2013 à Laval où elle loge avec ses deux enfants dans logement de l'association France Terre d'Asile. Ses démarches auprès de l'OFPRA (l'Office français de protection des réfugiés et apatrides) n'aboutissent pas car son dossier est mal établi, il lui manque des papiers. En juin 2017, Marie-Noëlle une mayennaise touchée par son histoire l'héberge dans un appartement de Saint-Pierre-la-Cour. La Mayennaise relance alors des démarches. "Nous avons fait une demande de carte de séjour pour étranger malade puisqu'elle a eu une ablation complète de la thyroïde" explique-t-elle. Un collège de médecin français l'a d'ailleurs examiné dans le cadre d'une procédure de l'Office Français de l'Immigration et Intégration, reconnaissant un état de santé fragile. 

Cependant un rapport préfectoral du 1er octobre 2018, que France Bleu Mayenne s'est procuré, estime que "l'état de santé de mme Sabina Magomedova nécessitait une prise en charge dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié et qu'elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine". En clair : la mère de famille peut être soignée en Russie et doit quitter la France dans les trente jours. Un argument contesté par Marie-Noëlle et Sabina car elle aurait besoin d'être suivi à Moscou. Or il est compliqué de sortir du Daghestan où les luttes armées sont nombreuses. Même le ministère de la Santé Publique de la République du Daghestan reconnaît dans un courrier officiel, que France Bleu Mayenne s'est aussi procuré, qu'il existe là-bas "une pénurie importante dans le domaine médicale (...) un niveau très faible et insuffisant d'équipement moderne". 

Extrait de l'arrêté préfectoral n°2018R30378 du 1er octobre 2018 - Aucun(e)
Extrait de l'arrêté préfectoral n°2018R30378 du 1er octobre 2018 - DR

Pour rester en France, Sabrina et Marie-Noëlle ont donc fait une demande de carte de séjour vie privée et familiale. Sa fille Raisat, âgé de 5 ans est née en France mais ne pourra demander la nationalité française qu'à l'âge de 13 ans. Son fils, Djambulat, 9 ans, est aussi scolarisé à Saint-Pierre-la-Cour depuis plus de trois ans. Pas suffisant aujourd'hui pour vivre légalement dans notre pays. 

Une pétition, 700 signatures

À partir de ce mardi 30 octobre, Sabina est ses enfants seront donc considérés comme hors-la-loi et doit quitter le territoire. Depuis l'arrêté préfectoral du 1er octobre, la maman est sous contrôle judiciaire. Chaque vendredi elle doit se présenter à la gendarmerie. Sabina craint donc d'être arrêtée le 2 octobre prochain. Les habitants de Saint-Pierre-la-Cour se mobilisent avec une pétition notamment. Sarah en est à l'initiative. Cette mayennaise n'imagine pas une seule seconde Sabina et ses deux enfants retourner au Daghestan. "Parce qu'elle est menacée de mort par son ex-mari. Il lui en veut d'avoir divorcé et dit qu'elle a pêché" explique la jeune fille. De son côté Sonia fréquente la mère de famille depuis un an. Les deux femmes se voient à la sortie de l'école. "Je l'appelle maman courage parce que prendre la décision de quitter son pays alors qu'elle était enceinte, n'est pas une décision motivé par le confort mais par la peur" déclare-t-elle. Aujourd'hui Sabina voudrait que le Préfet de la Mayenne fasse valoir son pouvoir discrétionnaire pour obtenir un droit de séjour en France.

"Une très grande famille au grand coeur"