Société

Une horloge comtoise géante au Japon

Par Faustine Mauerhan, France Bleu Besançon lundi 21 juillet 2014 à 6:00

horloge Utinam 2
horloge Utinam 2 © Radio France - Faustine Mauerhan

Le savoir faire horloger de Besançon s’exporte. Et sans passer inaperçu ! Philippe Lebru, créateur bisontin, est en train d’envoyer l’une de ses horloges « monumentales » à Tokyo. Une commande privée qui met les compétences de la région à l’honneur.

AoYama, « la montagne bleue » sera perchée à 9 mètres de hauteur sur la vitrine d’un grand magasin de Tokyo. Cette troisième horloge de la série « monumentale » par le bisontin Philippe Lebru pèse 500 kg, fait cinq mètres de haut et cinq mètres de large. Une pièce unique que les Japonais ne savent pas reproduire !

« Je veux la même »

Comme souvent, l’aventure d’AoYama commence par un concours de circonstances. Il y a un an, Philippe Lebru part sur un salon parisien présenter son travail et celui de son équipe d’Utinam à Besançon. Dans les allées, il rencontre un riche Japonais, féru de design et de pop art. Il tombe sous le charme du travail du Bisontin et décide de venir voir ses ateliers installés sur les bords du Doubs à Besançon. En arrivant à la gare TGV, le Japonais découvre la deuxième « monumentale » accrochée dans le hall. Le soir même, le millionnaire qui possède notamment un grand concept store très à la mode à Tokyo, se balade sur la place de la Révolution et tombe sur la première horloge de la série. Il n’a qu’une réflexion : « I want the same ! » , je veux la même.

Cinq mois de travail et des contraintes techniques inattendues

La commande est passée. Philippe Lebru travaille sur AoYama pendant cinq mois. Le Bisontin ne s’attendait pas à devoir respecter certaines contraintes techniques lourdes et plutôt hors normes. « Tokyo est en bord de mer, donc on a du utiliser un revêtement spécial pour résister au brouillard salin. Mais Tokyo c’est aussi des typhons et des séismes ! Le ponpon » s’amuse le créateur.

Horloge Utinam 3 - Radio France
Horloge Utinam 3 © Radio France - Faustine Mauerhan

Pour y parvenir, Philippe Lebru fait appel à tous les artisans franc-comtois qu’il connaît. Les aiguilles géantes sont pliées à Thise, les quatre énormes rouages en inox sont découpés à Chaux la Lotière. « On a le savoir-faire en Franche-Comté, explique le bisontin, je ne me voyais pas faire faire le travail par d’autres ! » Après cinq mois de travail et de nombreuses nuits blanches, AoYama partira au Japon enfermée soigneusement dans des malles à bord d’un avion cargo. Philippe Lebru a prévu quinze jours de montage sur place. C’est seulement en voyant son horloge sur le mur vitré du magasin, qu’il respirera enfin, fièrement.

Horloge Utinam BOB