Société

Une jeune ostéopathe parisienne a choisi la Creuse pour s'installer

Par Maxime Tellier, France Bleu Creuse mardi 3 octobre 2017 à 15:57

Belinda Bouidghaghen pose devant son nouveau cabinet à Bonnat entourée du maire et de son adjoint
Belinda Bouidghaghen pose devant son nouveau cabinet à Bonnat entourée du maire et de son adjoint - Maire de Bonnat

On présente souvent la Creuse comme un désert médical où les jeunes professionnels ne veulent pas s'installer mais il y a des contre-exemples ! Belinda Bouidghaghen vient d'obtenir son diplôme d'ostéopathe à Paris et elle a choisi de se mettre au vert en s'installant à Bonnat et Genouillac.

Elle n'a pas encore 30 ans, elle a grandi en région parisienne et vient d'obtenir son diplôme d'ostéo à Paris après cinq années d'études mais ne lui parlez surtout pas de la grande ville pour débuter sa carrière. "Trop de stress ! Les transports, les bouchons... Je voulais partir et j'ai eu un coup de cœur pour la Creuse", glisse dans un sourire la jeune femme qui a conscience d'être une exception, "nous étions 80 dans ma promotion et les trois-quarts des étudiants ont choisi Paris pour ouvrir leur cabinet, les autres sont allés dans des grandes villes et je crois que je suis la seule qui ai choisi un milieu rural."

"Quitter le stress de Paris pour la qualité de vie creusoise"

"J'aime beaucoup la qualité de vie ici et les gens aussi", explique Belinda Bouidghaghen, qui s"est déjà fait des amis en Creuse. Elle a pu compter également sur l'accueil chaleureux des élus locaux, trop heureux de voir arriver une jeune professionnelle sur leur commune. "Elle a laissé un message sur mon répondeur et je l'ai rappelé immédiatement", raconte Philippe Chavant, le maire de Bonnat, qui a déroulé le tapis rouge pour la convaincre : "nous lui avons trouvé un local pour son cabinet juste à côté de la mairie et avons décidé de lui payer le loyer jusqu'en janvier".

L'accueil d'une professionnelle de santé est à ce prix estime le maire : "l'intérêt pour une commune, c'est d'avoir un praticien qui exerce sur place et d'éviter que les habitants aient à rouler des kilomètres pour trouver ce service", explique Philippe Chavant. A Bonnat, la commune n'est pas un désert médical car le bourg de 1.300 habitants compte encore deux médecins généralistes "mais l'un des deux part bientôt à la retraite d'ici quelques mois ou quelques années", explique le maire, "tout le monde est donc ravi d'accueillir Mme Bouidghaghen, d'autant que nous n'avions pas d'ostéopathe."

Un an pour tenter la vie à la campagne

En Creuse, la jeune professionnelle va partager son temps entre Bonnat et Genouillac où elle rejoint une équipe d'infirmières et de médecin installés en commun et la clientèle est déjà là. "Des rugbymen, des cyclistes, des sportifs mais aussi des femmes enceintes, des nourrissons ou des personnes âgées, les patients sont très variés et je peux m'occuper de tous les cas", explique la jeune femme, également spécialisée en ORL. "Je me donne un an pour voir si la vie en Creuse me convient et puis on verra, je suis jeune et j'avais envie d'aventure !"

A LIRE EN PLUS : l'étude de l'UFC Que Choisir sur les déserts médicaux en France (publiée en décembre 2016). Seules quelques parties de la Creuse sont considérées comme des déserts médicaux et tout dépend de la spécialité médicale.