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CARTE - Canicule : 15 départements toujours en vigilance rouge, 54 désormais en orange

Une minute d'arrêt pour les bus de Limoges et Brive ce mercredi, en hommage au conducteur agressé à Bayonne

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Limousin

Les bus des réseaux TCL de Limoges et Libéo, de Brive se sont arrêtés une minute, à 19h30 ce mercredi soir. À l'intérieur, le conducteur et les usagers ont été invités à respecter une minute de silence. Un hommage au conducteur de bus en état de mort cérébrale après une agression à Bayonne.

Bus de la STCLM, société de transports en commun de Limoges Métropole
Bus de la STCLM, société de transports en commun de Limoges Métropole © Radio France - Nathalie Col

19h30, ce mercredi. Jean-Luc, 21 ans de métier gare son bus de la ligne 4 à l'arrêt Winston-Churchill. Les passagers montent, lui ne repart pas. Quelques secondes plus tôt, sa radio a crachoté "En hommage à notre collègue du Pays Basque, agressé le dimanche 5 juillet, je vous demande de vous arrêter. J'invite les conducteurs et les voyageurs à respecter une minute de silence à partir de maintenant. Plus aucun bus ne roule"

Une minute de silence peu remarquée à Limoges

A la même heure, à Brive, Limoges, et partout en France, les bus se sont figés à 19h30 ce mercredi, pour une minute d'arrêt et de silence. Un appel national à l'initiative d'une intersyndicale et relayé par les deux réseaux de bus (Libéo à Brive et TCL à Limoges), en hommage au conducteur de bus de 59 ans, en état de mort cérébrale après une violente agression, dimanche, à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).

Et pourtant, à Limoges, à l'intérieur du bus, personne ne se lève, tout le monde continue la conversation. Personne n'a entendu cet appel, seulement audible du conducteur. L'arrêt ressemble à un simple contretemps. Et le bus repart. Mais, au volant, Jean-Luc, lui, a une un forte pensée pour son collègue. "Ça fait peur. On se met à la place de sa famille...". A ces côtés, Isabelle Brachet, conductrice, déléguée syndicale SNTU-CFDT, et très émue, les larmes aux yeux : "Je suis extrêmement triste, en colère, écœurée. C'est tout simplement horrible. Ça pourrait arriver à Limoges. Je ne vois pas ce qui pourrait empêcher que ça n'arrive pas". 

Des agressions verbales, ça arrive. Mais bon, on baisse les yeux, on laisse passer

A Limoges, deux agressions avaient eu lieu en moins de trois semaines, en septembre 2019. Depuis, conducteurs et direction ont discuté et avancé, signant notamment une convention avec la police. Et si tout le monde s'accorde à dire que Limoges est loin d'être la pire ville de France, tout le monde reconnait aussi que la violence peut arriver. N'importe quand. "Moi, depuis 21 ans, je n'ai jamais eu d'agression physique". Jean-Luc touche du bois. "Mais des agressions verbales, ça arrive. Mais bon, on baisse les yeux, on laisse passer". "On sait très bien que ce n'est pas facile avec quelques personnes. Mais ça va, on n'est qu'à Limoges", appuie Isabelle Brachet. 

"Des agressions verbales, ça arrive. Mais bon, on baisse les yeux, on laisse passer", reconnaît Jean-Luc, 21 ans de métier.
"Des agressions verbales, ça arrive. Mais bon, on baisse les yeux, on laisse passer", reconnaît Jean-Luc, 21 ans de métier. © Radio France - Thomas Coignac

Le bus est reparti. A l'arrêt suivant, monte Josué, 15 ans, et pourtant déjà impressionnant physiquement. Sans masque. Isabelle Brachet le réprimande. "Ça va, madame, personne ne va mourir. Désolé.", s'excuse-t-il en remontant son masque en tissu noir, avant d'aller s'asseoir au fond du bus. Interrogé, il dit "comprendre totalement" ce mouvement des chauffeurs de bus. "Il y en a qui ont peur du virus. Mais il n'y a pas de souci, ils m'ont crié dessus, j'ai mis mon masque je me suis assis". A Bayonne, le chauffeur a été victime d'une agression "d'une extrême violence" selon le procureur, alors qu'il voulait contrôler le ticket d'un des mis en cause et exigeait le port du masque pour les trois autres.

On ne va pas aller mourir pour un masque ou deux euros

Mais même si Isabelle Brachet a rappelé Josué à l’ordre, elle considère que ce rôle est à contre-emploi. "Aujourd'hui, le gouvernement nous demande de faire la police, de vérifier le port des masques. Non, ce n'est pas à nous de le faire. Aujourd’hui, je dis à mes collègues d'arrêter de faire la police. Ne nous mettons pas en danger. Le mec il rentre, il paie ou pas, il a son masque ou pas. On ne va pas aller mourir pour un masque ou deux euros." Elle demande à présent que TCL laisse, après la crise sanitaire, le plexiglas qui isole le conducteur, cette fois-ci pour "mettre une barrière entre le coup de poing ou le crachat."

Dans les bus, une étiquette informe des poursuites possibles en cas de menace.
Dans les bus, une étiquette informe des poursuites possibles en cas de menace. © Radio France - Thomas Coignac

Ce mercredi, à 19h30 également, une marche blanche a eu lieu à Bayonne, depuis le lieu de l'agression, à l'appel de la famille de la victime. Elle a rassemblé plus de 6 000 personnes. Sur le réseau de bus de l'agglomération de Bayonne, les collègues de la victime ont annoncé un droit de retrait jusqu'aux obsèques. Les quatre suspects ont été mis en examen et placés en détention provisoire ce mercredi. 

Reportage à 19h30 dans un bus de Limoges.

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