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Nouvelle tribune de militaires "pour la survie" du pays : le gouvernement dénonce une "machination politique"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Après un premier texte controversé dont certains signataires sont menacés de sanctions, l'hebdomadaire Valeurs Actuelles a publié dimanche soir une nouvelle tribune anonyme de militaires "pour la survie de notre pays", écrite cette fois par des militaires d'active et ouverte aux signatures.

Valeurs Actuelles publie une nouvelle tribune de militaires d'active "pour la survie de notre pays"
Valeurs Actuelles publie une nouvelle tribune de militaires d'active "pour la survie de notre pays" © AFP - NICOLAS TUCAT

La polémique déclenchée par la première tribune est à peine retombée, qu'un nouveau texte fait son apparition. Dimanche soir, l'hebdomadaire d'extrême-droite Valeurs Actuelles a publié une nouvelle tribune de militaires "pour la survie de notre pays" lancée cette fois par des militaires d'active, des officiers de carrière ou de réserve en activité, et ouverte aux signatures. La tribune, anonyme, affiche plus de 75.000 signatures au compteur à l'heure où sont écrites ces lignes. 

"Agissez, Mesdames et Messieurs. Il ne s'agit pas, cette fois, d'émotion sur commande, de formules toutes faites ou de médiatisation. Il ne s'agit pas de prolonger vos mandats ou d'en conquérir d'autres. Il s'agit de la survie de notre pays, de votre pays", écrivent les auteurs dans ce texte adressé au président de la République, aux ministres, aux parlementaires et aux officiers généraux. Les auteurs disent être "entrés récemment dans la carrière" et précisent qu'ils ne peuvent pas "réglementairement" s'exprimer "à visage découvert". 

"Détruire l'islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol"

"Nous sommes de ce que les journaux ont nommé 'la génération du feu'. Hommes et femmes, militaires en activité, de toutes les armées et de tous les grades, de toutes les sensibilités, nous aimons notre pays. Ce sont nos seuls titres de gloire. Et si nous ne pouvons pas, réglementairement, nous exprimer à visage découvert, il nous est tout aussi impossible de nous taire", écrivent-ils pour se présenter. 

"Afghanistan, Mali, Centrafrique ou ailleurs, un certain nombre d'entre nous ont connu le feu ennemi. Certains y ont laissé des camarades. Ils ont offert leur peau pour détruire l'islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol", disent les auteurs. "Presque tous, nous avons connu l'opération Sentinelle. Nous y avons vu de nos yeux les banlieues abandonnées, les accommodements avec la délinquance. Nous avons subi les tentatives d'instrumentalisation de plusieurs communautés religieuses, pour qui la France ne signifie rien - rien qu'un objet de sarcasmes, de mépris voire de haine". 

Le texte fait réagir le gouvernement et la gauche

Ce lundi soir, la ministre des Armées, Florence Parly, qualifie cette tribune de "grossière machination politique". "Cette tribune utilise toute la rhétorique, le vocabulaire, le ton, les références qui sont celles de l'extrême droite, a déclaré la ministre sur BFMTV. Le but est de diviser, de fracturer notre nation à un moment où celle-ci plus que jamais a besoin de se réunir, de se retrouver. Rien n'est pire que de vouloir abimer les valeurs de la République." La ministre des Armées a redit "la confiance" qu'elle a en eux. 

"C'est une tribune politique d'extrême droite", a renchéri le Premier ministre Jean Castex dans les colonnes du Parisien, avant de critiquer l'anonymat des signataires : "Qu'ils s'affichent et qu'ils assument s'ils considèrent que l'essentiel est en jeu", a-t-il insisté.

De son côté, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, a déclaré sur franceinfo que ce qui le blessait le plus, "très profondément, c'est que ça abîme une partie de nos armées". Ceux qui risquent leur vie sur le terrain, "ils se taisent, ont les armes à la main, et vont combattre les islamistes". 

Sur RMC/BFMTV, Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur a dénoncé une "grossière manœuvre" et le manque de "courage" de "gens anonymes". "Quelle drôle de société courageuse que celle qui donne la parole à des anonymes. On se croirait sur les réseaux sociaux" a-t-il insisté. "Je crois savoir que quand on est militaire, on ne fait pas ce genre de choses en cachette, à la petite semaine" a ajouté le ministre. 

De son côté, François Hollande s'est interrogé sur France Inter : "Quelle est la déontologie ? Comment peut-on laisser penser que l'armée aujourd'hui serait animée par de tels sentiments et par une volonté de mettre en cause les principes mêmes de la République ?". Pour Jean-Luc Mélenchon, patron de la France Insoumise, les signataires de cette tribune sont "factieux et lâches". "Moi je n'ai pas peur, je dis mon nom et ce que je ferai si je suis élu : purger l'armée de ses membres factieux" a ajouté celui qui s'est déclaré candidat à la présidentielle. 

"Contraire à tous nos principes républicains"

Valeurs Actuelles avait publié le 21 avril une tribune choc dans laquelle "une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d'un millier d'autres militaires", appelaient le président Emmanuel Macron à défendre le patriotisme, et se disaient "disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation". Ce texte a déclenché une vive controverse dans la classe politique, certains y dénonçant un quasi-appel à l'insurrection quand d'autres saluaient un sursaut salutaire. 

Le Premier ministre Jean Castex a dénoncé une initiative "contraire à tous nos principes républicains" et accusé le RN, qui avait appelé les signataires à soutenir son action, de "récupération politique". La ministre des Armées a réclamé que des sanctions soient prises contre les signataires, qu'ils soient d'active ou à la retraite. Saisi par des parlementaires de la France insoumise, le procureur de Paris Rémy Heitz avait rejeté la demande d'engager des poursuites visant les auteurs et diffuseurs de la tribune car "aucune infraction pénale" n'y figure.

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