Société

Une nouvelle vie à Saint-Beauzire pour les réfugiés de Calais

Par Jade Peychieras, France Bleu Pays d'Auvergne jeudi 27 octobre 2016 à 6:00

Au milieu des bois, près de Saint-Beauzire, c'est ici que 25 réfugiés de Calais sont arrivés cette semaine.
Au milieu des bois, près de Saint-Beauzire, c'est ici que 25 réfugiés de Calais sont arrivés cette semaine. © Radio France - Jade Peychieras

25 migrants de la jungle de Calais sont arrivés dans la nuit de mardi à mercredi à Saint-Beauzire, en Haute-Loire. Ils sont Soudanais et Afghans, et rêvent d'une vie meilleure.

Après plus de douze heures de trajet, une nuit de sommeil agité, les 25 migrants arrivés au centre de Saint-Beauzire sont sonnés, perdus, inquiets. Certains ne savent même pas dans quelle région ils ont atterri, ni ce qu'il va advenir d'eux. Peu comprennent ne serait-ce qu'un peu d'anglais. Mais après la morsure du froid de Calais, les nuits dans les cabanes et les tentes, sous la pluie, le répit est bienvenue.

Mugtaba est Soudanais. Il est arrivé en France il y a un an, après avoir fui la guerre civile dans son pays. Plusieurs membres de sa famille sont morts au Soudan, raconte-t-il. Cela fait un an qu'il n'a pas vu sa femme et leurs deux enfants, un garçon de 3 ans et une petite fille qui a aujourd'hui 1 an et demi. Eux sont restés en Egypte. Lui, a bravé la mer Méditerranée, sur une petite embarcation de fortune, avec 200 autres migrants. "J'avais trop peur de les perdre dans le voyage, raconte-t-il. C'était bien trop dangereux, et vraiment très effrayant. Je suis resté huit jours sur la mer, sans rien voir d'autre que le ciel". Arrivé en Italie, il rejoint la France, et Calais. Mais après plusieurs tentatives infructueuses pour passer en Angleterre, Mugtaba abandonne son rêve de franchir la Manche. "Je n'ai pas le choix, mais finalement ce n'est pas grave. Tant que je suis en sécurité, tout me va. Au Soudan, nous étions traités comme des animaux, pas comme des êtres humains. Et puis c'est bien la France. Maintenant, j'aimerais apprendre le français, la culture française, le mode de vie français. Mais je suis tellement triste d'être ici tout seul. J'aimerais que ma famille puisse venir ici et commencer une nouvelle vie ensemble".

Demande d'asile

Pour commencer cette nouvelle vie, Mugtaba devra faire une demande d'asile en France. C'est à cela que doit servir ce temps de repos dans les CAO, les Centres d'accueil et d'orientation dans lesquels les migrants de la "jungle" ont été envoyés. Déjà, un premier entretien a eu lieu. "Il s'agissait de comprendre leur situation, savoir s'ils étaient primo-arrivants, s'ils avaient déjà commencé des démarches à Calais, s'ils ont de la famille, etc.", explique Raphaëlle Courtial, la coordinatrice du centre de Saint-Beauzire. Les démarches devraient prendre entre un et trois mois. "Devraient" car les CADA, les Centre d'accueil pour les demandeurs d'asile, où les réfugiés se rendent une fois leur demande effectuée, manquent souvent de place. En attendant, les 24 autres hommes arrivés comme Mugtaba ce mardi au centre de Saint-Beauzire, sans leur famille, réorganisent un semblant de vie. Quelques activités, des cours de Français, et des projets pour l'avenir.

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