Société

Une participante au camp décolonial à Reims : "C'est pas un camp militaire, c'est un camp de discussion"

Par Sophie Constanzer, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu vendredi 26 août 2016 à 11:25

Le camp d'été dure 4 jours.
Le camp d'été dure 4 jours. © Radio France - Sophie Constanzer

L'ouverture du camp d'été décolonial à Reims, réservé aux victimes de "racisme d'Etat" s'est faite sans heurts jeudi 25 août. Seule une poignée de militants du Front national a déployé une banderole. Une des participantes ne comprend pas la polémique et elle s'explique.

Ni annulé, ni réellement perturbé, le camp d'été décolonial a bien débuté comme prévu ce jeudi 25 août, au Centre international de séjour (CIS) à Reims. Malgré la polémique donc. Réservé aux victimes du "racisme d'Etat français", l'événement a été jugé discriminant par la LICRA et le maire de Reims a regretté de ne pouvoir l'interdire. 180 personnes sont réunies pour des ateliers et des formations autour de la lutte contre le racisme jusqu'à dimanche 28 août, et si les deux organisatrices ont toujours gardé le silence, l'une des participants a accepté de parler.

Quand vous faites vos universités d'été, on est pas en train de crier au scandale communautaire du Front national -- Myriam, une participante

Face à une quinzaine de militants du Front national venue dénoncer le communautarisme de l'événement, Myriam est sortie de sa réserve. Car pour elle, la polémique est incompréhensible. "C'est comme les discriminations hommes-femmes, à des moments les femmes elles font des camps non mixtes, elles discutent, elles échangent et ça ne pose aucun problème, donc je ne vois pas pourquoi des gens qui subissent le racisme décident de se retrouver pour discuter de ça et que ça fait un scandale...", souligne Myriam. Et de viser le Front national directement : "Quand vous faites vos universités d'été, on est pas en train de crier au scandale communautaire du Front national".

"ça ne veut pas dire qu'on rejette la société dans laquelle on est"

Myriam explique la démarche de ce camp d'été décolonial qui reste assez mystérieux. "C'est pas un camp militaire, c'est un camp de discussion, il va y avoir des ateliers, moi je ne comprends pas que ça suscite autant de problèmes". Et face à la polémique, le préfet de la Marne a d'ailleurs fait une mise au point hier. N'en déplaise aux détracteurs de ce camp d'été, Denis Conus a rappelé qu'aucun argument juridique ne permet de l'annuler : "association privée, lieu privé, pas d'expression publique de racisme ou d'exclusion, et pas de trouble à l'ordre public".

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