Société

Une pharmacie « low cost » casse les prix à Belfort

Par Faustine Mauerhan, France Bleu Belfort-Montbéliard jeudi 2 avril 2015 à 19:17

Pharmacie low cost Belfort
Pharmacie low cost Belfort © Radio France - Faustine Mauerhan

Il vend ses médicaments environ 30% moins chers que ses confrères. En ce début avril, un pharmacien vient d’ouvrir la première pharmacie « low cost » de Belfort et son arrivée fait des vagues dans le milieu.

Il refuse de s’exprimer, il préférerait même ne pas être aperçu avec une journaliste, c’est vous dire la tension que son arrivée sur le marché suscite dans la cité du lion. Et à interroger ces confrères, on comprend vite effectivement qu’ils sont en colère contre lui. Les uns parlent de concurrence déloyale, les autres craignent de mettre la clé sous la porte, ou de devoir licencier.

Simplement une question de volume

Dans la fameuse pharmacie à bas prix, en plein centre-ville de Belfort, pourtant rien n’est différent en apparence. Les murs sont remplis d’étalage. Ce n’est pas de l’acajou mais de simples étagères en tôle. Aucune affiche en tout cas, n’annonce des prix cassés. Derrière le comptoir, ils sont deux pharmaciens et plusieurs préparateurs en pharmacie, tous diplômés bien sûr. Ce n’est donc pas sur la masse salariale que la pharmacie rogne pour baisser ses prix. Mais sur les volumes. En fait c’est une franchise du groupe français Lafayette, qui possède, soixante-dix pharmacies dans tout le pays. L’entreprise fait des commandes groupées, c’est comme ça qu’elle arrive à être 30% moins cher que les autres officines.

Pharmacie low cost Belfort - Radio France
Pharmacie low cost Belfort © Radio France - Faustine Mauerhan

Mais si les autres pharmacies crient au scandale, les clients eux, semblent s’y retrouver. « Je ne savais pas que c’était une pharmacie low cost, mais je viens de payer 6 euros pour de l’aspirine et un médicament contre le rhume, explique Patrick. Je reviendrais ça c’est sûr !  » Comme lui, une dizaine de belfortains ont présenté leur ordonnance en à peine vingt minutes. Ce qui inquiète évidemment, les concurrents. Mais le climat est tellement tendu, que personne ne s’exprime officiellement. Les pharmaciens renvoient tous vers le syndicat.

« J’aurais préféré qu’il ne s’installe pas. »

C’est donc Véronique Engles qui répond à nos questions. Mais la co-présidente du syndicat des pharmaciens dans le Territoire de Belfort est gênée. « Bien sûr, j’aurais préféré qu’il ne s’installe pas mais que voulez-vous que je vous dise ? On ne peut pas empêcher les gens de s’installer , explique, fataliste, la pharmacienne de l’avenue Jean Jaurès. Reste à espérer que nos clients se rendront compte qu’on reste abordables et qu’on donne, nous, des conseils personnalisés. On ne peut rien faire de plus  », se désole la représentante des pharmaciens. Certains, à Belfort, auraient quand même commencé à baisser les prix discrètement.