Société

Une pharmacienne en guerre contre les génériques

Par William Giraud, France Bleu Poitou mercredi 30 juillet 2014 à 8:53 Mis à jour le mercredi 30 juillet 2014 à 10:47

Une pharmacienne des Deux-Sèvres se méfie des génériques et le fait savoir
Une pharmacienne des Deux-Sèvres se méfie des génériques et le fait savoir © Fotolia.com

Une officine d'Airvault , dans les Deux-Sèvres, mène un combat au long court contre ces médicaments à bas coût pourtant préconisés par la Sécurité sociale.

Elle n'en démord pas. Jacqueline Girardeau, pharmacienne de son état, se méfie des génériques. Elle en fait un principe. "Pour mes patients " dit-elle. L'officine (l'une des deux implantées sur la commune d'Airvault) est celle qui affiche le plus faible taux de délivrance des Deux-Sèvres - soit à peine 50%. La vente de génériques, cette pharmacienne ne s'y oppose pas "totalement ", mais elle n'a pas confiance dans certains médicaments qui ne sont pas toujours "des copies fidèles des médicaments de marque ".

Elle ira jusqu'au bout

Sanctionnée par ses pairs il y a deux ans, interdite d'exercer pendant un mois, elle a saisi la justice pour porter le débat sur le terrain médiatique et déontologique. Le tribunal administratif de Paris vient de lui donner tort. Mais elle va faire appel et entend "aller jusqu'au bout ". Ce sera donc à la cour de cassation de trancher dans cette affaire.

"Détournement de clientèle"

Sa position séduit en tout cas certains clients qui se pressent dans la pharmacie. Au détriment des autres officines du secteur qui, elles, sont dans les clous. Certains collègues n'hésitent pas à parler de "détournement de clientèle ". Face au silence de l'Ordre des pharmaciens, le syndicat de la profession, lui, monte au créneau. Bertrand Borra, son président départemental, s'agace fortement de la situation. "Pour nous qui jouons le jeu, c'est la double peine, car nous faisons notre métier, et les clients s'en vont ".

Jacqueline Girardeau, la pharmacienne rebelle d'Airvault

Bertrand Borra, président du syndicat des pharmaciens des Deux-Sèvres

L'assurance-maladie des Deux-Sèvres, elle, suit le dossier avec attention et envisage désormais de nouvelles sanctions. Il faut dire que dans le département, beaucoup d'acteurs de la santé s'étonnent de la relative clémence dont fait preuve pour l'heure la Sécurité sociale. "Elle exerce comme si de rien n'était et ses clients bénéficient toujours du tiers-payant, tout en critiquant ouvertement la CPAM, qui ne serait là que pour faire des économies ", s'étonne un pharmacien sous couvert d'anonymat.