Société

Une première médicale et technologique à Saint-Agrève en Ardèche

Par Germain Treille, France Bleu Drôme-Ardèche lundi 2 juin 2014 à 19:01

La salle de téléconsultation à l'hôpital de Saint-Agrève
La salle de téléconsultation à l'hôpital de Saint-Agrève © Radio France - Germain Treille

L'hôpital de Saint-Agrève sur le plateau ardéchois est à la pointe de l'innovation. Il est le premier établissement français à mettre en place une téléconsultation mémoire. C'est une neurologue parisienne qui en a eu l'idée. Les habitants de ce secteur du département difficile d'accès ont désormais près de chez eux un outil permettant un diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer.

La téléconsultation à l'hôpital de Saint-Agrève pour détecter Alzheimer

Le plateau ardéchois fait malheureusement partie du désert médical français. Il y a peu de médecins et aucun spécialiste des maladies neuro-cognitives. Ajoutons à cela une population vieillissante. Et forcément, vu ce contexte si particulier, certaines personnes peuvent être diagnostiquées avec une pathologie avancée.Cette consultation à l'hôpital de Saint-Agrève , qui se déroule en direct via un écran avec un neuro-psychologue basé à Paris, répond donc à un vrai besoin. Cela permet éventuellement un diagnostic précoce d'Alzheimer et donc un meilleur accompagnement, et cela évite des trajets souvent pénibles, en hiver notamment, jusqu'à Saint-Étienne ou Lyon. Les délais d'attente sont aussi réduits, quelques semaines à Saint- Agrève pour avoir un rendez-vous au lieu de six mois, voire un an en ville.

Une consultation plus rapide et moins chère qu'en milieu urbain

Ils sont 16 habitants du plateau Ardéchois, jusqu'à ce jour, à avoir bénéficié de ce dispositif créé en mars dernier par la neurologue parisienne Bénédicte Defontaines. Les tests durent deux heures, c'est une évaluation de toutes les fonctions intellectuelles. Le fait de ne pas avoir physiquement le docteur dans la salle de consultation ne semble pas les déranger ou les impressionner. Coût de cette consultation : 50 euros. Ce n'est pas remboursé mais c'est bien moins cher qu'en milieu urbain. L'objectif est d'attirer de plus en plus de personnes de Saint-Agrève et des environs pour une prise en charge. Les généralistes du secteur sont donc mis à contribution, car il y a une obligation de résultat : 150 patients par an, c'est ce que demande l'ARS, l'Agence Régionale de Santé.

Un risque pour les activités sanitaires de l'hôpital ?

L'hôpital de Saint-Agrève travaille sur un autre projet de téléconsultation, pour les douleurs chroniques cette fois avec l'assistance de rhumatologues. Cela dit, d'ailleurs le directeur de l'établissement le reconnaît lui-même, ces avancées technologiques pourraient à terme nuire aux activités sanitaires d'un hôpital qui a déjà perdu ses services de chirurgie et maternité. D'où la volonté de mutualiser ces activités, explique la direction, avec les hôpitaux du Cheylard, de Lamastre et de Saint-Félicien dans le centre Ardèche. Un texte de coopération sera présenté dans quelques jours, à la mi-juin, à l'Agence Régionale de Santé. Il faudra attendre plusieurs mois avant que l'ARS fixe à son tour ses orientations.