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Société

"T'es aussi bonne qu'une potatoes" : la publicité qui fâche sur le campus de La Rochelle

- Mis à jour le -
Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu

Une publicité pour McDonald's fait beaucoup parler d'elle sur le campus de La Rochelle. Une enseignante et plusieurs étudiants la critiquent farouchement, la qualifiant de sexiste. Elle reprend un langage familier pour comparer des femmes à des pommes de terre. Elle a été retirée mardi.

La publicité en question
La publicité en question © Radio France - Laurine Benjebria

La Rochelle, France

C'est une publicité qui a choqué certains étudiants rochelais. Sur un petit prospectus bleu et blanc, il est écrit : "T'es aussi bonne qu'une potatoes dans un paquet de frites". Les prospectus ont été diffusés sur le campus de La Rochelle dès lundi. Il s'agit d'une publicité produite par l'entreprise Study Campus, pour un jeu concours avec le restaurant fast-food McDonald's situé aux Minimes. 

Un jeu concours dont les conditions et règlements ne se trouvent pas sur le prospectus... Et la phrase d'accroche n'aide pas les étudiants à comprendre le jeu, au contraire, elle en a effaré plus d'un.

Les femmes comparées à des pommes de terre

C'est une enseignante en droit, Marie-Luce Bernard-Vincent, qui tombe sur ces prospectus en début de semaine, juste avant l'un de ses cours avec ses étudiants de troisième année de licence de droit. Elle décide d'emporter avec elle tous les flyers, d'en garder quelques_uns pour la presse et de jeter les autres à la poubelle. 

"C'est la publicité qui est on ne peut plus sexiste. Moi en tant que femme, je suis extrêmement choquée par ce type d'annonce dans une publicité à destination d'étudiants". Le ton même du message gêne l'enseignante, un style direct, un langage familier.

On n'est pas des patates." - Marie-Luce Bernard-Vincent

Il n'y a pas que Marie-Luce Bernard-Vincent qui a été profondément marquée par cette publicité, ses étudiants aussi : "Les filles ont commencé à dire "c'est inadmissible" et les garçons ont commencé par rire et puis devant ma colère, ils n'ont plus ri du tout", raconte l'enseignante. 

Une fois de retour en cours, elle a profité de l'occasion pour proposer des exercices pratiques à ses étudiants. Ce mercredi, ils ont dû expliquer si cette publicité peut relever d'une infraction pénale, "comme régler la situation, qu'est-ce que ça pose comme question". Si tous les étudiant-e-s doivent faire ce devoir, Marie-Luce avertit, "bien évidemment, ce sera un garçon qui sera interrogé".

Des étudiants choqués

Pas de rires non plus du côté des autres étudiants croisés à la faculté de La Rochelle. A la vue de ce prospectus, aucun rictus, aucun sourire, mais des regards incrédules. "C'est choquant", "c'est condescendant", "c'est sexiste" sont les premières réactions d'étudiant-e-s à la vue de ce petit flyer. Jonathan, étudiant en faculté de Langues, a dû mal à croire qu'il s'agisse d'une vraie publicité : "On dirait vraiment que c'est un étudiant un peu bête, gamin, qui a écrit ça". 

Natacha, elle, n'est pas vraiment surprise. Cette étudiante en Lettres Modernes est énervée de voir encore et toujours la même technique de marketing. "C'est tout le temps ça dans la publicité, c'est qu'on vend des produits qui n'ont pas de rapport avec les femmes en les sexualisant et c'est affolant". 

La publicité retirée mardi

Contactée par Marie-Luce Bernard-Vincent, l'université a découvert avec effroi les publicités ce mardi. Elle a aussitôt contactée Study Campus qui lui a promis de retirer ces prospectus. L'université dénonce également un comportement illégal : la diffusion dans l'enceinte même du campus et sans son autorisation.

Ce mercredi, Study Campus a répondu à nos appels. Pour le président de la société, "il ne s'agit absolument pas de parti pris, mais d'une communication jeune pour étudiants, il s'agissait de faire _une phrase un peu bof_, marrante". Il a d'ailleurs proposé d'intervenir à l'université sur un aspect pédagogique avec les étudiants.