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Société

Une rencontre entre collégiens et réfugiés au collège Paul Verlaine à Evrecy pour l'INTER'ACT Tour.

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Cette semaine, cinq collèges du Calvados accueillent l'INTER'ACT Tour, un événement organisé par le Haut Commissariat aux Réfugiés qui permet la rencontre entre des élèves et des réfugiés. Ce mardi 10 octobre, le collège Paul Verlaine à Evrecy a accueilli pour la première fois ce temps d'échanges.

Ce mardi 8 octobre, le collège Paul Verlaine à Evrecy a accueilli deux chefs somaliennes qui ont proposé un menu de leur pays.
Ce mardi 8 octobre, le collège Paul Verlaine à Evrecy a accueilli deux chefs somaliennes qui ont proposé un menu de leur pays. © Radio France - Marianne Yotis

Évrecy, France

Alors que la 26ème édition du prix Bayeux-Calvados-Normandie se déroule en ce moment, le collège Paul Verlaine a ouvert plusieurs de ses salles et ses cuisines pour mettre en place des animations sur le thème des migrations pour l'INTER'ACT Tour

Le témoignage marquant d'Alhassan, réfugié Guinéen

Lorsqu'il prend la parole pour raconter son histoire, Alhassane décrit la dictature présente dans son pays. Aucune liberté d'expression et une justice à deux mesures. Opposant politique, il se retrouve en danger.

"Je suis sorti pour manifester, pour avoir de la justice et de la démocratie dans mon pays. Pour cette raison, l'Etat guinéen m'a attrapé et m'a mis en prison. J'ai pu sortir grâce à un militaire guinéen qui m'a aidé à quitter le pays", raconte t'il.

Alhassan, réfugié guinée, est venu témoigner auprès des collégiens en compagnie de  Joséphine Lebas-Joly du Haut Commissariat aux Réfugiés. - Radio France
Alhassan, réfugié guinée, est venu témoigner auprès des collégiens en compagnie de Joséphine Lebas-Joly du Haut Commissariat aux Réfugiés. © Radio France - Marianne Yotis

Après trois mois de prison, il a dû se séparer de sa famille pour gagner la France, qu'il a rejoint en 2016. 

"Au départ, c'était très compliqué. J'ai passé à peu près quatre mois dehors. J'ai fréquenté plusieurs associations mais il y avait beaucoup de monde donc c'était difficile. J'ai déposé une demande à l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides) en écrivant mon histoire, et j'ai finalement obtenu le statut de réfugié il y'a un an", explique Alhassane. 

Aujourd'hui, Alhassane est installé à Caen et travaille en tant que mécanicien. Sa famille, restée en Afrique lui manque car il n'a que peu de nouvelles. 

Un menu spécial pour la journée: le repas 100% Somalien

Dans la cuisine du collège, une équipe de sept personnes s'active pour préparer le repas du midi pour tous les élèves et le personnel. La tâche est immense, ils sont sur place depuis huit heures du matin pour finir dans les temps. 

Audane et sa soeur, réfugiées somaliennes arrivées en France en 2014, proposent des plats qu'elles avaient l'habitude de cuisiner chez elles. 

"C'est du Savayard: du riz et poulet assaisonnés, accompagnés d'un gâteau nommé la yornatour: des oeufs, du lait et du porc. Pour un grand gâteau il faut compter 40 minutes", explique Audane. 

"Nous avons testé la recette avec Audane dans un restaurant associatif à Caen il y a trois semaines. C'était un repas pour une quarantaine de personnes et ça s'est très bien passé. Cette fois on a simplifié parce qu'on doit faire un repas pour 800 personnes", détaille Matthieu, le coordinateur des chefs réfugiés sur tous les événements de l'INTER'ACT Tour de la semaine

Pour préparer ce menu spécial, Audane et sa sœur ont cuisiné depuis 8 heures du matin  - Radio France
Pour préparer ce menu spécial, Audane et sa sœur ont cuisiné depuis 8 heures du matin © Radio France - Marianne Yotis
On dirait des crêpes, mais en fait il s'agit d'un gâteau somalien avec du porc. - Radio France
On dirait des crêpes, mais en fait il s'agit d'un gâteau somalien avec du porc. © Radio France - Marianne Yotis

"C'était original  par rapport aux autres fois mais c'était super bon. J'ai bien aimé l'hibiscus et le riz et la sauce étaient différents de ce qu'on a l'habitude de manger", affirme Laura qui vient de finir son assiette. 

Le jus d'hibiscus, qui vient remplacer l'eau habituellement servie dans les cantines, étonne et, même si certains l'apprécient, d'autres trouvent le goût un peu bizarre. 

Même si certains aspects du menu ont pu sembler étrange aux élèves, la plupart ont bien aimé le repas somalien - Radio France
Même si certains aspects du menu ont pu sembler étrange aux élèves, la plupart ont bien aimé le repas somalien © Radio France - Marianne Yotis

La cuisine somalienne est totalement inconnue et les élèves, informés en avance de ce menu spécial s'étaient imaginé beaucoup de choses en pensant à ces plats. 

"C'était très bon mais je ne pensais pas qu'ils mangeaient si épicé mais j'ai tout aimé", s'étonne Benjamin, un élève de 6ème. 

Il a fallu préparer 800 plateaux-repas pour tous les élèves et le personnel - Radio France
Il a fallu préparer 800 plateaux-repas pour tous les élèves et le personnel © Radio France - Marianne Yotis

"Je trouve que c'est bien parce que ça nous fait découvrir d'autres cultures", conclut Laura, elle aussi élève de 6ème.

La découverte d'un camp de réfugiés en réalité virtuelle

Dans le CDI, plusieurs casques de réalité virtuelles sont reliés à des téléphones diffusant des images du camp de Zaatari en Jordanie qui a accueilli jusqu'à 200 000 réfugiés syriens. 

En enfilant le casque, les élèves se retrouvent au milieu du campement. Les habitants racontent leur histoire et les collégiens ont l'impression d'être en pleine immersion grâce à ces habitants qui marchent, jouent et interagissent avec eux à travers la caméra.

Par petits groupes, les élèves de 4ème se sont retrouvés propulsés dans le camp de Zaatari en Jordanie grâce au casque de réalité virtuelle - Radio France
Par petits groupes, les élèves de 4ème se sont retrouvés propulsés dans le camp de Zaatari en Jordanie grâce au casque de réalité virtuelle © Radio France - Marianne Yotis

"On rentrait dans le camps et les tentes. C'était touchant, surtout de voir les enfants tous réunis autour de moi qui avaient l'air d'être très solidaires", décrit Jeanne, l'une des élèves qui a pu prendre part à l'expérience.

"C'est triste, on voit vraiment qu'ils n'ont pas beaucoup de moyens. À la fin on voit une petite fille qui pleure, je pense que c'est parce qu'elle regrette d'être partie", ajoute sa camarade Meriem.

La question posée par l'exposition: qu'est-ce que vous emporteriez si vous deviez tout quitter?

Dans une des salles de classe, une dizaine de panneaux sont disposés avec des photos de réfugiés.  La particularité de l'exposition "The most important thing", du photographe américain Brian Sokol, toutes les personnes posent avec le seul objet qu'elles ont pu emporter en quittant leur foyer en urgence.

"L'image qui m'a le plus marqué c'est la photo de Sébastien qui tient la veste que lui avait donné son père car il avait froid. Malgré tout ce qui lui arrive, il garde le souvenir et c'est ce qui m'a marqué", raconte Renan, élève de 4ème. 

Chaque photo de l'exposition montre une personne ou une famille qui a dû tout quitter en ne prenant qu'un seul objet - Radio France
Chaque photo de l'exposition montre une personne ou une famille qui a dû tout quitter en ne prenant qu'un seul objet © Radio France - Marianne Yotis

Lorsqu'on leur pose la question, les collégiens ont beaucoup de mal à s'imaginer ne pouvoir prendre qu'un seul objet avec eux.

"Si je devais partir, je prendrais une photo de ma famille, parce que si je ne peux pas les voir je pourrai au moins penser à eux en la regardant", confie Carla 13 ans.

Une réponse partagée par la plupart de ses camarades de 4ème qui trouvent effrayant l'idée de partir sans leur famille.

Cette réflexion née au cours de la journée, Frederic Aupet, professeur d'histoire géographie au collège Paul Verlaine compte bien l'utiliser lorsqu'il abordera des points du programme en classe.

"Les élèves vont travailler sur le parcours des migrants et les pays dans lesquels ils s'installent. On évoque également les causes du départ, les liens qu'ils entretiennent avec le pays d’accueil, puis on élargit en regardant s'il y'a des migrants européens", explique l'enseignant. 

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