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Société

Une semaine après la canicule, les personnels des maisons de retraite d'Indre-et-Loire sont épuisés

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Par , France Bleu Touraine

A l'EHPAD Courteline à Tours Centre, les personnes âgées commencent à ressentir les effets de la canicule de la semaine dernière. Mais ce sont surtout les personnels qui sortent de cet épisode littéralement épuisés.

La canicule a rendu encore plus difficiles les conditions de travail des personnels des EHPAD
La canicule a rendu encore plus difficiles les conditions de travail des personnels des EHPAD © Maxppp - NATHALIE SAINT-AFFRE / Maxppp

Indre-et-Loire, France

On se souvient de la canicule de 2003 et de ses 15 000 morts. S'il est encore trop tôt pour faire un bilan précis des victimes de la canicule que l'on vient de vivre, il est de toute façon certain que la population était beaucoup mieux préparée qu'il y a 16 ans. Une semaine après le pic de chaleur (rappelons que le record chez nous a été enregistré samedi dernier à Savigny-en-Véron avec 41,5 degrés), France Bleu Touraine a voulu savoir comment se portaient les personnes âgées des maisons de retraite du département, puisque l'on sait que les conséquences d'une canicule ne se voient que les jours suivants, quand les organismes ont été bien éprouvés par la chaleur. 

"On essaye de s'économiser, mais c'est dur, très dur" - Martine Gusseau, aide-soignante

A l'EHPAD Courteline à Tours Centre, on a bien respecté toutes les consignes. On a fermé les volets la journée, on a fait boire davantage, on a aussi adapté les menus aux températures élevées. L'épisode passé, et bien géré d'ailleurs reconnaît Martine Gusseau, aide-soignante, il n'en reste pas moins que les conséquences de cette canicule commencent à se faire sentir auprès des résidents. "Une plus grande fatigue, ils mangent moins, donc on fait attention, on les fait boire un peu plus". Mais plus que les résidents, ce sont surtout les personnels qui sortent littéralement épuisés de cette canicule, après les efforts supplémentaires qui leur ont été demandés. Martine Gusseau accuse le coup : "Comme tout le monde on ne dort pas la nuit. Et puis ici, on fait des journées de 10h, 12h avec 2h de pause, donc on le ressent la journée, on le ressent dans les jambes. On essaye de s'économiser, de se reposer un peu plus chez nous, mais c'est dur, très dur". 

"Les personnels sont sursollicités tout au long de l'année. La canicule a donc rendu encore plus difficiles leurs conditions de travail" - Emmanuel de Kerhor, directeur de l'EHPAD Courteline

Le directeur de l'EHPAD, Emmanuel de Kerhor, par ailleurs délégué général de l'AD-PA, l'Association des directeurs au service des personnes âgées. a tout à fait conscience de l'état de ses personnels. "Là je pense qu'on a une bonne occasion pour que l'ensemble de la société réalise qu'il y a une nécessité d'adapter les moyens qui sont dévolus aux établissements, sinon on risque d'avoir des problèmes sérieux. Le ministère a été saisi de ça, on attend maintenant des réponses concrètes et rapides". Lui estime d'ailleurs qu'il lui faudrait 5 à 6 personnes en plus dans son équipe, qui compte pourtant 50 salariés.

Lundi dernier par ailleurs, des personnels de maisons de retraite et de services d'aide à domicile se sont rassemblés devant le ministère de la santé à Paris pour réclamer plus de moyens et dénoncer leurs conditions de travail. L'AD-PA, l'Association des directeurs au service des personnes âgées, et l'intersyndicale ont réclamé la création immédiate de 40 000 postes, pour moitié à domicile. Un conseiller de la ministre de la santé leur a promis des réformes en "mars ou avril 2020", ce que les organisations syndicales et les directeurs ont jugé inacceptable.