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Société

Une semaine de grève de la faim au centre de rétention de Bordeaux

mardi 29 août 2017 à 20:08 Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde et France Bleu

Ils étaient 14 au début de leur grève de la faim pour alerter sur leur situation au centre de rétention de Bordeaux. Ils sont 7 désormais à refuser de s'alimenter pour dénoncer leur enfermement administratif. Ils ont reçu la visite ce mardi du député de la France Insoumise Loïc Prudhomme.

Loïc Prudhomme le député FI a rencontré les 14 détenus dans la cour du centre de rétention © Radio France - Stéphanie Brossard
Loïc Prudhomme le député FI a rencontré les 14 détenus dans la cour du centre de rétention © Radio France - Stéphanie Brossard © Radio France - Stéphanie BROSSARD

Ils sont Afghans, Algériens, Guinéens, Irakiens, Sénégalais etc... Ils affirment risquer des persécutions ou la mort dans leur pays d'origine, et ne voient que la grève de la faim depuis une semaine pour alerter sur leur situation. Ce mardi, ils ont reçu la visite de Loïc Prudhomme, le député de la France Insoumise de la troisième circonscription de Gironde (Bordeaux Sud-Bègles-Talence-Villenave d'Ornon), qui ne leur a rien promis, simplement, d'essayer d'obtenir du préfet de la Gironde, un réexamen de leur dossier avec "humanité".

"Arrêté au commissariat alors qu'il demande comment faire une demande d'asile"

Après une brève visite des lieux, très encadrée par les policiers (les 4 chambres de 12 m² pour 4 détenus, la salle télé, le réfectoire et les deux téléphones pour garder un lien vers l'extérieur), c'est dans la cour de 40m² peinte en bleu et avec comme seul horizon au-dessus de la tête, une verrière, et les murs du commissariat central de Bordeaux juste au dessus, que la conversation s'est engagée entre les 14 détenus et le député.

Des échanges brouillons parfois où chacun veut mettre en avant sa situation. Abdulramar raconte par exemple, qu'il est Irakien et qu'il a vu son père se faire assassiner. Il vit à Limoges depuis des années où il a monté un restaurant, où il a une femme et des enfants. Il ne comprend pas pourquoi il a été placé en rétention au lieu d'être assigné à résidence, dit-il, le temps de constituer son dossier et prouver sa bonne foi. Même interrogation pour Ibrahim, Guinéen homosexuel et pourchassé pour cela dans son pays "arrêté au commissariat, alors qu'il voulait juste savoir comment faire une demande d'asile.. après être passé par le Maroc, avoir payé un passeur pour franchir la mer Méditerranée, et être arrivé en France depuis l'Espagne".

"Un lieu oppressant"

Le temps file. Le député Loïc Prud'homme écoute et ne promet rien. La visite aura duré 1 heure. Moitié plus que prévu. Une visite "humainement difficile" conclue le député "dans un lieu oppressant, lieu de privation de liberté, où il n'y a pas de barreau aux fenêtres mais où il faut passer des portiques de sécurité avant de pouvoir entrer ou sortir".

L. Prudhomme "arrêtons la logique comptable en matière d'immigration"

Le préfet de la Gironde, dans un communiqué, a rappelé que "les 16 hommes retenus au centre de rétention de Bordeaux, ont fait l'objet de décisions judiciaires confirmées en appel, après préconisations de 6 préfets dans 6 départements différents".

Chacun a voulu raconter son parcours jusqu'au centre de rétention de Bordeaux - Radio France
Chacun a voulu raconter son parcours jusqu'au centre de rétention de Bordeaux © Radio France - Stéphanie Brossard

"Cette visite ne changera peut-être pas grand chose, mais elle a au moins le mérite de mettre un coup de projecteur sur ces hommes et ce lieu par définition fermé où les parlementaires viennent rarement" selon maître Hélène Thouy, avocate et présidente de l'institut de défense des étrangers au Barreau de Bordeaux.

Un des deux téléphones du centre de rétention pour leur permettre de maintenir un lien vers l'extérieur - Radio France
Un des deux téléphones du centre de rétention pour leur permettre de maintenir un lien vers l'extérieur © Radio France - Stéphanie Brossard
Des chambres de 12m2 pour 4 au centre de rétention de Bordeaux - Radio France
Des chambres de 12m2 pour 4 au centre de rétention de Bordeaux © Radio France - Stéphanie Brossard
Soutien des associations aux grévistes de la faim devant l'hôtel de police de Bordeaux - Radio France
Soutien des associations aux grévistes de la faim devant l'hôtel de police de Bordeaux © Radio France - Stéphanie Brossard