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Société

Une souscription pour le monument en mémoire des 1 500 déportés de la Sarthe

dimanche 10 juin 2018 à 18:01 Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine

Le collectif de quinze associations qui porte ce projet a désormais établi la liste des noms qui figureront sur ce mémorial. Il lance désormais une souscription pour réunir les 30 000 € nécessaires à son installation.

Le mémorial a été dessiné par Nicolas Gautier, l'architecte des bâtiments de France
Le mémorial a été dessiné par Nicolas Gautier, l'architecte des bâtiments de France - Nicolas Gautier, ABF

Le Mans, France

Ils étaient juifs, résistants, communistes... Les déportés de la Sarthe sont aujourd'hui estimés à 1 500. Et près de 80 ans après, un mémorial sera bientôt érigé en leur mémoire, place de la préfecture au Mans. Construit en arc de cercle autour de l'actuel monument de la résistance, il viendra le compléter. Mais permettra aussi remplir un vide explique Eric Goisedieu, le délégué général du souvenir français de la Sarthe : "Quelques-uns ont leur nom sur des rues, sur des plaques commémoratives, mais c'est une infime partie. Et puis, pour ceux qui ne sont jamais revenus, les familles n'ont aucun lieu pour se souvenir." 

Déportés de persécution et de répression

Tous les noms des 1 500 déportés de la Sarthe seront donc gravés sur les panneaux en acier du mémorial. Des victimes de persécutions (juifs, tziganes...) mais aussi des victimes de la répression nazie (résistants, communistes, ou même simples citoyens "délinquants", pris par exemple à faire du marché noir), toutes envoyées dans des camps ou des prisons du IIIe Reich entre 1939 et 1944. C'est la définition du statut de déporté, établi par une loi de 1948. Les personnes réquisitionnées au titre du S.T.O. (Service du Travail Obligatoire) ne sont pas concernées. Enfin, il s'agit de Sarthois de naissance, de personnes vivant en Sarthe à l'époque ou bien des prisonniers ayant transité par les geôles sarthoises avant leur départ vers l'Allemagne. À l'inverse, les déportés s'étant installés en Sarthe à leur retour d'Allemagne, mais sans lien préalable avec le département, ne figureront pas sur le mémorial. "Le plus difficile a été d'établir les critères, reconnaissent les membres du collectif, mais il a fallu faire des choix."

On tenait vraiment à ce travail d'historien et de croisement des sources - Emmanuel Jan

La liste a été établie au terme de longues recherches menée par "le groupe des noms". Une poignée de personnes qui a passé plusieurs années à recouper des listes, des archives et des documents administratifs. Notamment le "fonds Pioger", constitué de centaines de fiches aux archives départementales de la Sarthe. Cet ancien résistant avait établi dans les années 60-70 une première liste de 1 600 noms qui a servi de point de départ explique l'historien Emmanuel Jan, l'un des membres du groupe des noms : "Il a fallu la vérifier à partir de listes d'arrestations, de registres de prisons, notamment celui de la prison des Archives au Mans, que l'on croyait disparu et que j'ai retrouvé à Caen. Il a fallu parfois aller dans les mairies consulter l'État civil pour vérifier des lieux de naissance... On tenait vraiment à ce travail d'historien et donc de croisement des sources."

Un monument à 30 000 €

Pour financer le monument, dont le coût s'élève à 30 000 €, le collectif compte sur l'Etat, les collectivités et les associations. Mais aussi sur les citoyens au travers d'une souscription sur le site du mur des noms. L'inauguration est prévue le 28 avril 2019, lors de la prochaine journée pour la mémoire de la déportation.