Société

Une vingtaine de blessés dans une succession de bagarres entre migrants dans le Calaisis

Par Stéphane Barbereau, France Bleu Nord mardi 22 août 2017 à 18:11

Des migrants dans le Calaisis
Des migrants dans le Calaisis © AFP - Philippe Huguen

Les esprits s'échauffent entre migrants dans le Calaisis. Les rixes se multiplient depuis la nuit de lundi à mardi. Ce mardi soir, on compte sept bagarres différentes, 21 blessés, sept personnes en garde à vue.

Jusqu'à 200 migrants ont pu s'affronter depuis le début de la semaine aux alentours de Calais, des Afghans opposés à des Erythréens. Il y a d'abord eu quatre rixes successives dans la nuit de lundi à mardi, à Calais et Coulogne. Ces bagarres ont été très violentes, à coups de battes de base-ball, de bâtons. Il y a eu au total 16 blessés légers. Dans l'après-midi, les rixes reprennent, au nombre de trois, toutes à Calais, notamment près de l'antenne du Secours Catholique. Sur l'autoroute A16, un migrant est même fauché par une voiture. Bilan de l'après-midi : cinq blessés, transportés vers les hôpitaux de Calais et Boulogne -sur-Mer. Il est difficile de connaître l'origine exacte de ces bagarres. du côté des associations, on évoque un téléphone portable qui aurait été volé, des Erythréens qui consomment de l'alcool, ce que ne supporterait pas les Afghans ou encore une bataille entre passeurs pour s'assurer du monopole sur un parking poids lourd pour y faire monter des exilés et gagner l'Angleterre.

Un contexte de tensions avec les forces de l'ordre

Du côté des associations, on souligne surtout le contexte, on parle de "conditions de survie impossibles" pour ces exilés : très peu d'accès à des sanitaires, malgré le déploiement très récent et progressif de douches et de toilettes, sur injonction du conseil d'Etat qui avait reconnu les conditions de vie inhumaines des migrants. Il y a aussi la surveillance policière qui générerait des tensions, selon François Guénnoc, le vice-président de l'association "l'auberge des migrants" :

Toutes ces personnes sont entassées, de plus en plus nombreuses. il y a du stress pour survivre, la pression policière qui ne s'est pas relâché sur les réfugiés

François Guénnoc dénonce la surveillance policière qui génère des tensions entre migrants

Selon ce bénévole, il y a des descentes de police nocturnes pour repérer et arracher des tentes, jeter aux ordures les effets personnels des migrants, l'utilisation également de gaz lacrymogènes. 500 CRS et gendarmes mobiles sont stationnés en permanence dans le Calaisis avec un objectif, disent ceux qui aident quotidiennement les exilés : les décourager au maximum de rester en France.