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Une vingtaine de participantes aux ateliers "Stop victime, plus jamais!"

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Par , France Bleu Drôme Ardèche

Une vingtaine de femmes, victimes de violences conjugales pour la plupart, ont participé à la troisième session du dispositif "Stop victime, plus jamais!", organisée à Chomérac (Ardèche) par le groupement de gendarmerie départementale de l'Ardèche et ses associations partenaires.

Le gendarme Pascal Garcia du PSIG de Tournon et François Fortin de l'association Urban défense concept
Le gendarme Pascal Garcia du PSIG de Tournon et François Fortin de l'association Urban défense concept © Radio France - Sonia Ghobri

Il ne s'agit pas de faire de ces femmes des "Bruce Lee" mais d'abord, de développer leurs réflexes. Le gendarme Pascal Garcia du peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG) de Tournon, accompagné de Guy-Laurent Férié et François Fortin, deux bénévoles de l'association "Urban défence concept" ont donné un cours de self-défense particulier, sur le thème "comment se défendre avec des objets du quotidien", un stylo, un magazine, une chaise. "Si le conjoint essaie de poignarder sa compagne avec un couteau, elle peut attraper une chaise pour la mettre entre elle et le couteau" explique l'un d'entre eux. 

Puis, les deux autres miment une agression sous le regard attentif du groupe de huit femmes, "si l'agresseur se dirige vers vous, vous ouvrez votre bouteille et vous lui jetez l'eau à la figure. Ca marche aussi avec un magazine, vous l'ouvrez et vous lui collez au visage. On ne demande pas de la technique mais de la réaction". Ces quelques secondes où l'agresseur est sidéré, les yeux fermés, permettent à la victime de fuir, d'appeler à l'aide ou de se réfugier. 

Mais, Nathalie Exmelin, directrice du Centre d'Information du Droit des Femmes et des Familles de l'Ardèche (CIDFF) sait que c'est un long processus pour les victimes. "Psychologiquement on le sait, elle ne seront peut-être pas capable de pointer un stylo pour se défendre dans certaines situations. Ce n'est pas grave ! Dans leur tête, elles le font. Elles savent qu'elles savent le faire. Il faut qu'elles reprennent confiance en elles. Ce sont des femmes qui sont brisées, il faut le rappeler. Une femme victime de violences, ce n'est pas je sors avec quelqu'un et à la première baffe je m'estime femme victime de violence, c'est un processus lent, qui se met sournoisement en place et petit à petit la personne a perdu toute confiance en elle". Le CIDFF accueille environ 300 femmes victimes de violences par an, en Ardèche, dans ses 14 permanences.

Le droit de se défendre 

Emilie a quitté son compagnon violent après 17 ans de vie commune. "Je suis partie pour de bon, le jour où ils nous a tous enfermés avec les enfants dans la maison et qu'il a allumé le gaz. Il voulait organiser un suicide collectif". Emilie avait déjà tenté de partir parce qu'il avait tenté de l'étrangler devant ses enfants. Puis, il avait promis de se soigner ...
Malgré sa séparation avec le père de ses enfants, il y a plus de deux ans, Emilie a du mal à retrouver de l'estime pour soi. _"_C'est comme s'il était entré en moi tout ce temps. Maintenant, il faut se vider et se recréer sa propre personnalité, c'est difficile".

Elle participe pour la troisième fois à ce dispositif "stop victime, plus jamais!". Elle prend doucement conscience qu'elle a le droit de défendre : "les intervenants ont des mots pour nous rassurer sur certaines choses sur lesquelles nous avons des doutes. On pense que frapper, se défendre c'est mal. _Mais en fait on peut mettre des barrières et repousser l'agresseur sans que ça ne nous retombe dessus, parce qu'il croit qu'il est plus fort_".

Reprendre confiance en soi 

L'estime de soi, c'est entre autres, sur quoi travaille Stéphanie Chiffe, directrice des Foyers de l'oiseau bleu, à Payzac. Cette association aide les personnes qui ont besoin d'être hébergées, logées. Son centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) a une capacité d'accueil de cinquante places, il s'adresse à des femmes seules avec enfant. "Nous avons une équipe de 13 professionnels formés à l'accueil de ce public et qui travaillent à la restauration de l'image et à la confiance en soi". Elle accompagne pour la troisième fois un groupe de femmes victimes de violence. Elles ont participé à l'atelier "estime de soi" où elles ont eu à parler d'elles. Difficile pour ces femmes en reconstruction. "Deux d'entre elles ont été grandement bouleversées, il y en a une qui a dû sortir pour pouvoir respirer normalement puisque l'anxiété l'avait envahie. Cela renvoie à des images et ça renvoie à tout le travail qui reste à accomplir et qui quelques fois semble insurmontable". 

180 gendarmes ardéchois formés aux violences intra-familiales 

A commencer par oser porter plainte. D'où l'importance de ces ateliers explique le chef d'escadron Cédric Rorèn, du groupement départemental de gendarmerie de l'Ardèche : "avec ces ateliers nous voulons montrer à ces femmes qu'elles ne sont pas seules. Nous voulons leur montrer que le gendarme ce n'est pas uniquement la personne qui va réprimer les infractions au bord de la route ou qui va vous faire les gros yeux. _Le gendarme est là aussi et avant tout pour la prévention, pour conseiller, pour prendre les plaintes"_. 

En Ardèche, 180 gendarmes enquêteurs sur 400 sont formés aux violences intra-familiales. Ils sont formés une fois par an par des professionnels du CIDFF, le Centre d'Information Droit des Femmes et des Familles de l'Ardèche  et de l'AMAV à ces problématiques. Parmi eux, une quarantaine sont des référents "A-VIF" : A pour aimer et V.I.F pour violences intra-familiales. Ils ont suivi une formation plus poussée. "On s'est rendu compte que les enquêteurs n'étaient pas tous suffisamment armés pour répondre à ce fléau que sont les violences intra-familiales. On s'est aperçu qu'on n'enseignait pas suffisamment de choses aux gendarmes en école de formation initiale. D'où l'intérêt de ces formations complémentaires."

"L'an dernier, une  femme a été tuée par son conjoint, environ 300 ont été blessées physiquement et 39 ont été violées"

La préfète de l'Ardèche, Françoise Souliman, présente ce vendredi, souligne que le nombre de femmes victimes de violences est important en Ardèche. "En 2018, une  femme a été tuée par son conjoint, environ 300 ont été blessées physiquement et 39 ont été violées." Le Centre d'Information Droit des Femmes et des familles de l'Ardèche (CIDFF), l'Association de Médiation et d'Aide aux Victimes (AMAV) les foyers de l'oiseau bleu, le planning familial, la gendarmerie collaborent pour venir en aide aux femmes de victimes de violence. 

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