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Une vingtaine de familles réfugiées climatiques de l'ouragan Irma accueillies en Charente-Maritime

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Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu
La Rochelle, France

Le 6 septembre, des vents à plus de 300 km/h dévastent l'île de Saint-Martin aux Antilles. Une vingtaine de familles trouvent alors refuge en Charente-Maritime. L'aide à ces réfugiés climatiques est coordonnée par la préfecture via le comité local d'aide aux victimes, installé depuis cet été.

Lyndon Lewis est arrivé le 18 septembre à La Rochelle avec sa femme et leurs toirs enfants, après avoir tout perdu à Saint-Martin au passage de la tempête Irma
Lyndon Lewis est arrivé le 18 septembre à La Rochelle avec sa femme et leurs toirs enfants, après avoir tout perdu à Saint-Martin au passage de la tempête Irma © Radio France - Julien Fleury

Une table, quelques chaises, des dossiers posés à même le sol... Le salon de Lyndon Lewis est encore loin d'être aménagé. Mais pour ce réfugié de Saint-Martin, âgé de 31 ans, c'est une grande étape de franchie: "Cela signifie retrouver une vie normale, explique Lyndon en anglais, sa langue usuelle même s'il est de nationalité franco-néerlandaise. Cela signifie être stable. Depuis mon appartement je vois la mer... alors je me sens comme à la maison."

Une nouvelle maison à 6.500 kilomètres de son île, où la vie de Lyndon Lewis a basculé le 6 septembre. Des vents à plus de 300 km/h balaient Saint-Martin. Irma détruit tout sur son passage.

C'était fou: la porte de l'appartement a explosé. Les voisins du dessus ont vu le toit s'envoler. Ils se sont réfugiés chez nous pendant l'ouragan, alors que tout valsait dans l'immeuble. C'était terrifiant." - Lyndon Lewis, victime de l'ouragan Irma

L'ouragan Irma a totalement détruit la société de location de voitures de Lyndon Lewis
L'ouragan Irma a totalement détruit la société de location de voitures de Lyndon Lewis - Lyndon Lewis

La joie d'avoir survécu est de courte durée. Il faut maintenant survivre. Pour la nuit Lyndon installe sa femme et ses enfants dans l'une de ses voitures, où ils vont rester près d'une semaine, avant d'être évacués vers la Guadeloupe: "Irma a mis tout le monde au même niveau. Que vous soyez avocat, médecin ou simple balayeur, tout le monde s'est retrouvé à la même enseigne."

Vivre à La Rochelle : le rêve devient une urgence

Partir vivre à La Rochelle où il a de la famille: le rêve de Lyndon Lewis devient alors une urgence. Et c'est ainsi que la famille débarque en métropole mi-septembre, par deux vols séparés, et dans une grande improvisation: "Je remercie la France pour notre évacuation vers la Guadeloupe puis la métropole. Même si ce n'était pas préparé à 100%. Les Français ont fait du bon travail. Je ne dirais pas ça de la partie hollandaise de Saint-Martin."

Quand il pose pied à La Rochelle, Lyndon n'a pas de valise, juste son passeport et les vêtements qu'il porte sur le dos. Hébergé durant de longues semaines dans le petit appartement de sa famille rochelaise, avant de recevoir le soutien des autorités, via le comité local d'aide aux victimes qui hérite avec Irma de son premier gros dossier: "Je n'ai jamais vécu de l'aide sociale. Mais je dois bien l'accepter. C'est une grande leçon d'humilité."

Car il faut bien repartir de zéro... quand à Saint-Martin, Lyndon avait une position respectée. Policier devenu syndicaliste, conseiller juridique. Sans oublier une affaire de location de voitures réduite à néant par Irma. Son soulagement, c'est que ses enfants s'adaptent bien à la vie rochelaise.

On demande tous les jours aux enfants s'ils aiment l'école ici. Et oui, ils adorent. Et si ça continue comme ça, ça deviendra leur pays." - Lyndon Lewis, victime de l'ouragan Irma

Pour les parents c'est une autre histoire. Natasha, la maman, a bien du mal à oublier Saint-Martin. Quant au papa, Lyndon, il est connecté en permanence avec son île où il exerce toujours son activité de conseil juridique: "Quand il fait nuit ici, c'est la mi-journée à Saint-Martin. Donc toute la nuit, je reste connecté sur mon téléphone, les services de messagerie, les appels, les mails. Et je travaille comme si j'étais à Saint-Martin."

Lyndon ne dort que trois heures par nuit, entre 3h et 6h du matin. Un rythme fou, reconnaît-il: "Pour me vider la tête, je fais du jogging. Il fait froid, mais au moins, il ne neige pas."

La vieille maison de famille transformée en bureaux par Lyndon Lewis n'a pas résisté à l'ouragan
La vieille maison de famille transformée en bureaux par Lyndon Lewis n'a pas résisté à l'ouragan - Lyndon Lewis

Une vie à reconstruire entre Saint-Martin et La Rochelle

Une folle vie qui n'est pas près de changer! Lyndon Lewis a été contacté pour devenir député du parlement local de Saint-Martin côté hollandais. Il a bien envie d'accepter. Il partagera alors sa vie entre les Antilles et La Rochelle, où c'est promis: il va se mettre au français. Lui qui à Saint-Martin n'avait jamais eu besoin que de l'anglais et du néerlandais.

Une vingtaine de familles suivies par le comité local d'aide aux victimes

Une vingtaine de familles victimes de l'ouragan Irma tentent actuellement de se reconstruire en Charente-Maritime, avant de pouvoir pour certaines retourner vivre à Saint-Martin.  Elle sont suivies et accompagnées par le nouveau comité local d'aide aux victimes, installé en juillet 2017 en Charente-Maritime. Il y a aussi, dans le département, une victime du Bataclan, et un groupe de jeunes qui étaient à Barcelone au moment de l'attentat. Tous bénéficient d'un suivi psychologique par l'association CIDFF.  Le comité local d'aide aux victimes les accompagne: il s'agit d'une une sorte de guichet unique qui prend en charge globalement l'ensemble des problèmes des victimes de terrorisme, d'accidents collectifs, d'événements climatiques majeurs ou d'infractions pénales. Ces personnes bénéficient d'un statut de victime qui leur ouvre des droits: prise en charge 100% par la Sécurité sociale pendant deux ans, en charge des consultations et soins psychologiques, y compris pour les proches.

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