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Vaccins contre la grippe : les pharmaciens inquiets face à la rupture de stock

La campagne de vaccination contre la grippe, débutée mardi 13 octobre, a connu un très grand succès. Certaines pharmacies ont été dévalisées et se retrouvent, une semaine plus tard, en rupture de stock.

Une semaine après le début de la campagne de vaccination contre la grippe, certaines pharmacies sont en rupture de stock.
Une semaine après le début de la campagne de vaccination contre la grippe, certaines pharmacies sont en rupture de stock. © Maxppp - Olivier Lanrivain

"En deux-trois jours, on a écoulé ce qu'on vend normalement en un mois". Depuis le début de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière le 13 octobre dernier, Jocelyne Wittevrongel, secrétaire générale de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), est débordée par les demandes des clients. Et elle n'est pas la seule. 

Cette année, l'objectif des autorités est de vacciner 75% des personnes à risque. Un chiffre nettement supérieur au niveau atteint l'année dernière, qui "n'était que de 47,8%" selon le ministère de la Santé, Santé publique France et l'Assurance maladie. 75 députés de la majorité ont également appelé les Français à se faire "massivement" vacciner. Un appel qui semble avoir été entendu. Une semaine après le début de la campagne, de nombreuses pharmacies se retrouvent même en rupture de stock.

"50% des pharmacies sont à sec"

Selon Gilles Bonnefond, président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO), "5,3 millions de personnes ont été vaccinées en seulement une semaine". Soit quasiment la moitié des vaccins administrés en 2019. Si le pharmacien admet qu'il s'agit là d'une "bonne nouvelle", cela entraîne des soucis dans les officines. 

De mardi à samedi, la pharmacie de Jocelyne Wittevrongel, située dans un village de l'Eure, a vendu 650 vaccins. En temps normal, elle en délivre 450 sur tout le mois d'octobre. "Mardi et mercredi, c'était 200 par jour", souligne-t-elle. En Haute-Vienne, en Savoie et Haute-Savoie, en Dordogne, dans la Loire ou encore en Indre-et-Loire, la situation est également très tendue.

Même constat pour Pascal Fontaine, directeur des achats du réseau Pharmacie Lafayette : "Sur les cinq premiers jours, on a vendu plus de 50% de nos stocks, la situation est très tendue". Selon, si la situation ne s'améliore pas, "dans quinze jours, on n'a plus de vaccins dans nos officines".

La plupart des personnes qui se pressent pour obtenir un vaccin sont des personnes à risque, c'est-à-dire les plus de 65 ans, les personnes souffrant d'obésité ou de maladies chroniques, et les femmes enceintes. Mais Jocelyne Wittevrongel a également vu arriver des clients qui ont fait le "forcing" pour obtenir une dose : "On doit prioriser, les personnes qui ne sont pas à risque ne doivent pas se faire vacciner avant le 30 novembre".

Pour Pascal Fontaine, les pharmaciens sont "usés" : "On est en première ligne, et on se retrouve à refuser" de donner un vaccin à certains clients, ceux qui ne sont pas considérés comme prioritaires, "ça rend le métier encore plus compliqué".

Aujourd'hui, "50% des pharmacies" se retrouvent sans vaccin et attendent "la deuxième livraison" en provenance des laboratoires, selon Gilles Bonnefond. Toujours d'après le président de l'USPO, "dans les stocks, il doit rester 600.000 à 700.000 doses, c'est hyper tendu".

"Les labos, faites votre boulot !"

Gilles Bonnefond demande désormais aux laboratoires d'accélérer la livraison des sept millions de doses qui dorment dans leurs réfrigérateurs : "Je pense qu'il y aura 90% des pharmacies en rupture de stock si les labos n'anticipent pas". Il leur demande de livrer les doses avec dix ou quinze jours d'avance sur ce qui était prévu.

Le pharmacien dénonce également le fait que certaines grandes entreprises aient reçu des vaccins. "C'est une chose qui se fait les autres années, mais cette fois, le ministère de la Santé a demandé de prioriser. Il y a eu un raté", s'agace Gilles Bonnefond. 

Il rappelle que les laboratoires ont promis 20% de doses supplémentaires cette année : "J'attends de savoir si les engagements pris seront tenus". Si c'est le cas, il ne devrait pas y avoir de pénurie. Mi-octobre, le président de Sanofi France, Olivier Bogillot, assurait que "les usines de production de vaccin anti-grippe travaillent sept jours sur sept en ce moment. La fenêtre de tir pour produire un vaccin, c'est une course poursuite. Toutes nos usines tournent à plein". 

Pascal Fontaine, le directeur des achats du réseau Pharmacie Lafayette, pointe lui le manque d'anticipation des industriels, mais aussi de l'Etat. "On avait déjà des données provenant de l'hémisphère sud, souligne-t-il. A la Réunion, ils ont vécu la même situation il y a six mois." Il s'agace notamment de la tribune publiée par les députés pour appeler à une vaccination "massive" : "Il faut mesurer sa communication par rapport à la réalité des stocks". Le gouvernement cherche aujourd'hui à se procurer deux millions de doses sur le marché européen d'ici le mois de décembre. Au total, on pourrait atteindre les 15 millions de doses de vaccins contre la grippe en France cette année.

Jocelyne Wittevrongel, la secrétaire générale de la Fédération des syndicats pharmaceutiques, se veut tout de même rassurante : "On devrait réussir à vacciner toutes les personnes à risque. Et avec les gestes barrières, le virus de la grippe étant plus fragile que le coronavirus, on devrait avoir moins de cas".

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