Société

Vache de parcours à Sumène

Par Aurélien Thirard, France Bleu Gard Lozère vendredi 27 mars 2015 à 11:23

Valentine et Matthieu en plein travail dans l'exploitation familiale
Valentine et Matthieu en plein travail dans l'exploitation familiale © Radio France - Aurélien Thirard

Valentine Boisseau et son compagnon Matthieu Bouillant, 27 ans, viennent de reprendre l'exploitation familiale cévenole à Cézas dans le canton de Sumène. Ces deux jeunes ingénieurs parisiens produisent de la viande de veau d'Aubrac, et ils ont en ce moment recours au financement participatif pour augmenter leur cheptel actuel de quinze mères

Pour arriver chez Valentine et Matthieu, prenez une petite route de montagne. Vous tombez alors sur un petit hameau de vingt habitants, autant le dire, c'est un changement de vie total pour ces ingénieurs de 27 ans qui ont travaillé à Paris dans des entreprises prestigieuses. "C'est réfléchi , assure Matthieu, on savait où on mettait les pieds. Moi j'étais déjà venu travaillé ici ". Nous sommes chez le père de Valentine, une sorte de retour aux sources donc pour cette jeune Gardoise.

"Une chose me manque, prendre un verre le soir avec mes amis"

Le couple a posé ses valises en décembre dernier à Cézas, dans l'exploitation de soixante hectares de terre dans la plaine où ils cultivent des céréales, et élèvent des vaches d'Aubrac en moyenne montagne. Une chose manque à Valentine "prendre un verre le soir avec mes amis " dit-elle. Mais de toute façon, Matthieu et Valentine ont les yeux tournés vers Internet en ce moment.

Vidéo à l'appui diffusée sur le site de financement participatif My Major Company, ils ont convaincu une centaine de personnes de leur financer six vaches supplémentaires pour pouvoir continuer à vendre leur viande à la boutique paysanne de Gange."Avec six vaches supplémentaires on arrivera à proposer un veau tous les 18 jours au lieu de 25 jours actuellement, ce qui permettra de mettre fin aux ruptures et de fidéliser notre clientèle " affirme Matthieu. Ils devaient réunir au moins 6500€ pour disposer de leur cagnotte, c'est déjà largement chose faite.

"C'est beaucoup beaucoup d'heures de travail"

Le couple n'a pas le temps de chômer, les journées débutent tôt et finissent tard , et Joseph le papa de Valentine veille sur sa fille et son gendre, après 35 ans passé à développer la petite exploitation gardoise. "La difficulté de développer une activité dans ces coins dans le contexte actuel est qu and même considérable, c'est beaucoup beaucoup d'heures de travail, avec des conditions physique optimum ".

La boutique paysanne de Gange est approvisionnée par une vingtaine de producteurs locaux

Reste qu'à la boutique de Gange, le projet porté par ces deux jeunes Parisiens est vu d'un très bon oeil , Béatrice une cliente fidèle tient à le faire remarquer "C'est formidable et on en a besoin ! Y a de plus en plus besoin de producteurs locaux qui peuvent rassurer le consommateur. C'est carrément vital ! "

C'est bien sûr vital aussi pour Valentine et Matthieu. Ces deux anciens ingénieurs se donnent deux ans pour réussir , et pour l'instant c'est plutôt bien parti.