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Société

Vendée : les Britanniques du petit village de Vouvant pas rassurés par l'accord conclu sur le Brexit

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Par , France Bleu Loire Océan

Le plus britannique des villages vendéens vit au rythme du Brexit ces derniers jours. L'annonce d'un accord entre le gouvernement de Londres et l'Union européenne n'a pas rassuré les expatriés d'outre-Manche : "Personne n'a les réponses à nos questions".

La Cour des miracles, le café tenu par un australien d'origine britannique à Vouvant.
La Cour des miracles, le café tenu par un australien d'origine britannique à Vouvant. © Radio France - Marc Bertrand

Vouvant, France

Tout le monde ne parle que de ça, au petit café "La cour des miracles", tenu par des Australiens en haut du village de Vouvant : "On est sur la BBC Parliament, on regarde depuis une demi-heure", avoue une Britannique. Le bandeau rouge indique : "Breaking news : Brexit deal", le gouvernement britannique et l'Union européenne ont trouvé un accord pour la sortie du Royaume-Uni.

Ma retraite vient chaque mois d'Angleterre. Sans accord, le gouvernement me l'aurait enlevée !

Vouvant compte 860 habitants, un sur dix est britannique. La commune, classée parmi les plus beaux villages de France, est une destination d'expatriation britannique depuis les années 1980. Colin, retraité, est soulagé : "Je veux rester en France. Mais ma retraite vient chaque mois d'Angleterre, ma complémentaire santé aussi. Sans accord sur le Brexit, le gouvernement me l'aurait enlevée !", affirme ce retraité bourru, la moustache qui repique à chaque extrémité. 

Accord, quel accord ? "On ne nous dit rien sur les détails"

Mais même avec un accord, certains sont sceptiques : "C'est mort", peste Lynn : "Le parlement ne va jamais voter cet accord. Le Labour [les travaillistes, de gauche] et le DUP [le parti conservateur d'Irlande du Nord] vont voter contre". Et même si l'accord passe, "on regarde la BBC, mais ils ne nous disent rien sur les détails de l'accord. Et c'est comme ça depuis des mois"

Certains veulent repartir, ils cherchent la stabilité

Est-ce qu'ils pourront toujours bénéficier de la sécurité sociale en France, comme c'est le cas aujourd'hui en tant que citoyens de l'Union européenne ?  Est-ce que la livre sterling va s'effondrer, et miner leur pouvoir d'achat ? Pour toutes ces questions, c'est le grand flou. Lynn est à Vouvant depuis 10 ans. Depuis le référendum, elle voit des anglais partir : "Il y a des maisons à vendre, résidences secondaires, ou même principales, des anglais veulent repartir parce qu'ils craignent pour leur sécurité sociale, ou parce qu'ils cherchent la stabilité", constate-t-elle. 

Les Britanniques, poumon de l'économie vouvantaise

A l'auberge française du village, on regarde le Brexit de plus loin, mais avec une anxiété aussi : "Ce sont les Britanniques qui font vivre le commerce", s'exclame Mathilde : "Ils font le five o'clock tea, mais c'est plus souvent du chardonnay ou une pinte", sourit-elle. Hier ? Dix couverts, huit Britanniques. Pour le maire de Vouvant Jacky Roy, "c'est grâce aux Anglais qu'il y a une vie dans le village, même en dehors de la période estivale, mais qui dure pratiquement toute l'année. Cette communauté est d'une extrême importance pour le village".

c'est grâce aux Anglais qu'il y a une vie dans le village, même en dehors de la période estivale

Pour le maire même avec un accord, les Britanniques de Vouvant vont forcément perdre au change avec le Brexit : "Je doute qu'on leur accorde le droit de profiter de la sécu française, même avec un accord". Et pour une population surtout constituée de retraités, "c'est extrêmement important". Certains pourraient repartir. D'autres prendre la nationalité française pour rester. Le maire assure que plusieurs de ses administrés ont déjà entamé les démarches.

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