Société

Un collectif haut-saônois lance une pétition pour le maintien de La Poste en zone rurale

Par Hajera Mohammad, France Bleu Belfort-Montbéliard mercredi 2 novembre 2016 à 8:16

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Logo de La Poste © Maxppp -

Le Comité de vigilance pour le maintien des services publics de Lure et Luxeuil, a lancé sur internet une pétition qui réclame le maintien des bureaux de La Poste dans les communes, notamment les plus petites. Elle a déjà recueilli plus de 2.000 signatures en cinq jours.

"La Poste, service public pour toutes et tous, partout", c'est le titre de cette pétition lancée par le collectif haut-saônois. Pour son président Michel Antony, "cette pétition dénonce la volonté de La Poste a vouloir réduire les accueils au public et elle entend surtout dénoncer les futurs accords 2017-2020 sur la présence territoriale de La Poste" . D'après M.Antony, le groupe pourrait se passer de l'accord des conseils municipaux, obligatoire pour le moment, pour transformer un bureau dans une commune. Plus de 2.000 bureaux seraient menacées partout en France, d'après la pétition.

"On assiste à une désertification des services publics en France - Michel Antony, président du Comité de vigilance

Mais pour Michel Antony, le débat va bien au-delà de La Poste. Il s'agit d'une véritable "désertification des services publics" selon lui. "Il ne faut pas parler seulement de la Poste mais il faut parler aussi des gares, des hôpitaux, des tribunaux. On met des populations en fracture sociale et territoriale en les privant de tous ces services". En Haute-Saône, une dizaine de bureaux ont été transformés ou ont disparu, ces dernières années, selon le collectif.

Michel Antony, président du Comité de vigilance : " La disparition des services publics entraîne une fracture sociale"

À Frahier-et-Chatebier, commune de 1.300 habitants en Haute-Saône, c'est un facteur-guichetier qui gère le service postal depuis six mois. "Avant, nous avions un employé au guichet et un autre qui distribuait le courrier. Maintenant, il y a un seul employé qui fait les deux" explique le maire René Grosjean. Soit un emploi en moins mais aussi des horaires d'ouverture réduits, déplore l'élu qui affirme n'avoir pas eu le choix. "Les gens de la Poste viennent vous voir, en disant qu'ils vont faire ça et que ça ne va rien changer. Ce sont des vrais commerciaux. C'est la meilleure solution pour assurer une présence postale pour le moment. Mais l'issue est fatale, je le sais bien. Un jour nous perdrons le bureau" affirme l'élu.

"Je suis obligée d'aller à Belfort ou Héricourt pour poster mon courrier - Marie, habitante de Frahier

Les habitants de Frahier-et-Chatebier dénoncent cette transformation de La Poste. "Avant, on pouvait y aller le samedi matin, et ça nous arrangeait puisqu'on travaille du lundi au vendredi. Mais maintenant c'est fermé le samedi matin alors on va à Héricourt ou à Belfort pour poster un courrier" explique Marie. Ginette, 86 ans, dénonce la dégradation du service. "Je ne garde pas mes sous à la maison et j'ai besoin d'en retirer régulièrement à La Poste. Mais souvent, il n'y en a plus ou pas assez". Pour elle, c'est tout simplement un pas de plus vers la fin des services publics et des services tout court dans sa commune : "On a déjà perdu les petits commerces. Vous savez, les personnes âgées quand elles ne peuvent pas s'acheter du beurre ou une salade, elles s'en passent..."

Un facteur-guichetier pour les 1.300 habitants de Frahier-et-Chatebier