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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Polémique sur la manifestation régionale des "gilets jaunes" à Valence : nos réponses point par point

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu

Plusieurs auditeurs et lecteurs ont mis en doute certaines informations sur la manifestation régionale des "gilets jaunes", ce samedi 2 février, et critiqué le fait que nous les diffusions. Voici les réponses aux principales questions posées.

Près de 85 employés municipaux ont enlevé les grilles en bas des arbres à Valence
Près de 85 employés municipaux ont enlevé les grilles en bas des arbres à Valence © Radio France - Alexandre Berthaud

Valence, France

Samedi 2 février, dans le cadre d'une manifestation régionale, 6.000 à 10.000 "gilets jaunes" sont attendus à Valence (Drôme). Le préfet a estimé qu'environ 10% de casseurs pourraient s'immiscer dans les rangs des protestataires, il a adressé un courrier aux commerçants et aux citoyens. Le maire de la ville de Valence a décidé de prendre des mesures de sécurité importantes.

Quelles sont les mesures de sécurité mises en place ?

Certains lecteurs ont mis en doute les informations dont nous nous sommes fait l'écho, concernant l'ampleur du dispositif de sécurité. Nous sommes allés vérifier sur le terrain. Près de 400 potelets ont été scellés ou retirés par les services techniques de la ville de Valence, de même que 300 poubelles et/ou corbeilles, 80 distributeurs de sacs à déjections canines et 300 grilles placées au pied des arbres.

Des grilles au pied des arbres retirées par les services de la ville de Valence avant la manifestation du 2 février. - Radio France
Des grilles au pied des arbres retirées par les services de la ville de Valence avant la manifestation du 2 février. © Radio France - Alexandre Berthaud

Le but de la ville est de restreindre au maximum la présence d'objets pouvant être démontés par des casseurs et utilisés comme projectiles. Certains pavés ont été scellés, d'autres ont été recouverts de goudron.

Voici deux photographies prises devant la gare, du goudron recouvre des pavés. Le responsable des services techniques de la ville de Valence a confirmé qu'il s'agissait bien de bitume appliqué récemment afin d'empêcher que les manifestants ne se saisissent de pavés.

De l'enrobé coulé sur des pavés du quartier de la gare afin que ceux-ci ne soient pas utilisés comme projectiles lors de la manifestation du 2 février à Valence (1/2) - Radio France
De l'enrobé coulé sur des pavés du quartier de la gare afin que ceux-ci ne soient pas utilisés comme projectiles lors de la manifestation du 2 février à Valence (1/2) © Radio France - Alexandre Berthaud
De l'enrobé coulé sur des pavés afin que ceux-ci ne soient pas utilisés comme projectiles lors de la manifestation du 2 février à Valence (2/2) - Radio France
De l'enrobé coulé sur des pavés afin que ceux-ci ne soient pas utilisés comme projectiles lors de la manifestation du 2 février à Valence (2/2) © Radio France - Alexandre Berthaud

Enfin, le préfet a bien recommandé aux commerçants de fermer boutique, de "retirer les éléments extérieurs pouvant être utilisés lors de troubles à l'ordre public" et de "protéger les devantures". Dans ce même communiqué, il affirme que l'hypercentre ne sera autorisé qu'aux riverains (et aux commerçants), qui devront se munir d'une carte d'identité et d'un justificatif de domicile afin de pouvoir pénétrer dans le périmètre samedi. Les policiers municipaux ont distribué ce communiqué, il a été affiché dans certains halls d'immeubles.

Le communiqué de la Préfecture de la Drôme à destination des commerçants et habitants de Valence avant la manifestation du 2 février. - Radio France
Le communiqué de la Préfecture de la Drôme à destination des commerçants et habitants de Valence avant la manifestation du 2 février. © Radio France - Alexandre Berthaud

Tout cela était-il nécessaire ? 

Plusieurs personnes ont mis en doute, lors des travaux des services techniques dans la ville, l'intérêt de prendre de telles mesures de sécurité. "J'ai l'impression que Valence va être en état de guerre", dit Françoise, une Valentinoise, "on ne peut pas reprocher au maire de prendre des précautions, mais je pense que ça peut donner des idées à certains", conclut-elle en résumant le sentiment de certains habitants. Les autorités estiment que si elles n'avaient pas pris ces mesures, on le leur aurait reproché. 

Sur quoi est basé le chiffre de "10 % de casseurs" ?

Le préfet de la Drôme, Eric Spitz, dit attendre 500 à 600 casseurs samedi. Pour cela, il se base d'abord sur la première manifestation régionale qui avait eu lieu à Bourges le 12 janvier dernier. Il s'appuie également sur ce qui s'est passé le samedi 19 janvier à Valence. Ce jour-là, les gilets jaunes drômois organisateurs du rassemblement ont préféré disperser le cortège dès son arrivée devant la préfecture car parmi les manifestants se trouvaient des personnes qu’ils ne connaissaient pas. Ces personnes ont tenté s'investir le péage de Valence-Sud en soirée et ont finalement été évacuées par les forces de l'ordre. Enfin, le préfet s'appuie sur les données collectées par les renseignements territoriaux.

Plusieurs membres des gilets jaunes, dont l'organisateur principal de la manifestation, Steven Lebee, ont critiqué cette communication du préfet qui pourrait inciter des casseurs à rejoindre le cortège samedi.

Devions-nous relayer ce chiffre ?

Certaines personnes nous ont également reproché d'avoir relayé cette information. "Les médias qui instaurent la psychose", "très forts pour semer un vent de panique", "vous êtes journalistes ou causeurs de troubles", voilà ce qu'on a pu lire en réaction à nos articles sur les réseaux sociaux. Sans compter quelques coups de fil véhéments à la radio. Or, de quel droit aurions-nous caché cette information ? C'est cette estimation du nombre potentiel de casseurs qui explique l'ampleur des mesures de sécurité prises par le préfet. Pour nous, il ne s'agit donc pas d'inquiéter mais de donner un maximum d'éléments de compréhension.

Notre travail, faut-il le rappeler, est d'informer. Rien ne justifie certains commentaires que l'on peut trouver sous nos articles Facebook : "vous n'êtes plus les bienvenus dans nos manifs, vous serez mis dehors très vite". Nous serons présents samedi lors de la manifestation afin de relater l’événement avec, comme toujours, le plus d'honnêteté possible.