Société

Véronique, réfugiée climatique, revient vivre chez sa mère à Annecy

Par Marie Ameline, France Bleu Pays de Savoie lundi 13 novembre 2017 à 18:10

La maison de Véronique après le passage de l'ouragan Maria
La maison de Véronique après le passage de l'ouragan Maria - V.Jacob

Le 18 septembre dernier, Véronique, une annécienne installée depuis 25 ans sur l'ïle de La Dominique dans les Caraïbes, a tout perdu. L'ouragan Maria a détruit leur maison. Depuis un mois elle est rentrée avec sa famille en Haute-Savoie.

On est tout petit face à la nature, mais on est vivant, alors...."

Dans l'appartement de sa mère de 85 ans où elle est venue se réfugier il y a un mois avec son mari et ses deux filles, Véronique Jacob-Lodola refuse de s'apitoyer sur son sort. "Ceux qui sont toujours là-bas n'ont rien à manger et vivent dans l'attente de l'aide internationale".

Il y a deux mois, les ouragans IRMA puis MARIA ont dévasté l'archipel des Caraïbes, et notamment la petite île de La DOMINIQUE, ancienne colonie britannique indépendante depuis 1978, située au nord de la Martinique, là où vivait et tenait une épicerie la famille Jacob.

La maison et l'épicerie de Véronique et Nick avant le passage de l'ouragan Maria - Aucun(e)
La maison et l'épicerie de Véronique et Nick avant le passage de l'ouragan Maria - V.Jacob

"Les paysages ressemblent à la Corse après les incendies de l'été".

Le 18 septembre, Maria a soufflé toutes les constructions, maisons et routes, l'eau potable est rare. Sur ce petit caillou d'une surface de 750 km, avant couvert d'une végétation luxuriante, "le sol est pelé et marron" raconte Véronique. "Même s'il ne s'agit pas d'un tsunami comme en Asie, nous sommes bel et bien des réfugiés climatiques". Sous l'effet des vents à plus de 200km/h, la mer a envahi les terres et l'eau salée a brûlé les arbres. "Les paysages ressemblent à la Corse après les incendies de l'été".

Les constructions sont détruites, la végétation brûlée par l'eau salée - Aucun(e)
Les constructions sont détruites, la végétation brûlée par l'eau salée - V.Jacob

Face à l'étendue des dégâts, et parce que sa famille a déjà traversé ce genre d'épreuves après la tempête tropicale Erika il y a deux ans, Véronique a décidé cette fois de rentrer à Annecy "parce que mes filles de 11 et 12 ans et demi, ont besoin de stabilité".

" Le plus dur, ça va être de passer l'hiver dans le froid, et de voir mon mari un peu perdu"

Véronique et sa famille vivent actuellement de dons et d'une petite allocation chômage. Pour sortir de la précarité, et de l'isolement, et rapidement renouer des liens sociaux, son mari Nick cherche du travail comme menuisier et/ou charpentier, Véronique dans le commerce et la vente. Vous pouvez les contacter à: vrojoynick@gmail.com