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Vers un 6ème week-end sans repos pour les policiers : "la coupe est pleine !" pour Unité SGP Police FO Limousin

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Par , France Bleu Limousin

Les syndicats de policiers sont exceptionnellement unis ce mercredi pour appeler au service minimum dans les commissariats. En Limousin, comme ailleurs, les troupes sont épuisées et en colère, alors que les heures supplémentaires non-payées se comptent en millions.

Grégory Hugue était l'invité de France Bleu Limousin ce mercredi matin.
Grégory Hugue était l'invité de France Bleu Limousin ce mercredi matin. © Radio France - Nicolas Blanzat

Les policiers sont appelés à faire la grève du zèle ce mercredi : service minimum dans les commissariats, pour dénoncer des conditions de travail de plus en plus difficiles, et le manque de repos. Une situation que la crise des gilets jaunes n'a pas arrangée. Grégory Hugue, secrétaire du syndicat Unité SGP Police FO pour le Limousin, répondait à 8h15 sur France Bleu Limousin aux questions de Nicolas Blanzat. 

Après 2h et demi de réunion, hier place Beauvau, le ministre de l'Intérieur a annoncé une prime de 300 euros pour les policiers mobilisés pendant la crise des gilets jaunes. Vous en dites quoi ? 

Alors si on croit calmer la colère avec 300 euros, on se met le doigt dans l’œil. Les policiers ne demandent pas la charité. Et les négociations sont en cours, parce que comme pour le Smic, on vous annonce la prime pour tout le monde, mais au final il y aura peu d'élus. J'ai entendu parler de 100.000, mais la sélection, drastique, est en cours. De toute façon, la prime n'est que la cerise sur le gâteau. Pas une solution aux problèmes que l'on dénonce depuis des années. 

Est-ce que cette crise des gilets jaunes a eu des conséquences pour les policiers en Limousin ? 

Elle a eu des conséquences pour l'ensemble des policiers, partout en France, y compris en Corse et dans l'Outre-mer. Parce que nous sommes à flux tendu en permanence, on a un manque d'effectif partout. Pour parler du Limousin, nous allons arriver à un 6ème week-end sans repos pour bon nombre de policiers. Sachant qu'ils ont un week-end sur 6, ils l'auront loupé. Encore une fois, ils n'auront pas vu leur famille. Encore une fois, ils n'auront pas préparé les fêtes. Encore une fois, ils n'ont pas vécu normalement. Encore une fois, ils auront marqué des heures supplémentaires qu'ils ne pourront pas récupérer. Cette fois-ci, la coupe est pleine !

"Quand un adjoint de sécurité, payé au SMIC, a un problème de pantalon, il doit demander à un collègue de le dépanner !

Vous en parlez : il y aurait plus de 20 millions d'heures supplémentaires non-payées depuis des années... Seront-elles payées un jour ? 

On tourne en rond depuis des années : on nous dit qu'on va payer les heures supp, tout en continuant d'en marquer ! Aujourd'hui, c'est entre 25 et 27 millions d'heures. Alors si on nous les paie, tant mieux. Ce sera un budget de 290 millions d'euros. Ce sera un plus, mais ça n'est pas l'essentiel : le vrai problème, c'est le manque de moyens et les conditions de travail. 

Au quotidien, ça se traduit comment ? 

Exemple simple : nous avons dans certains commissariats de la région des adjoints de sécurité, qui sont des emplois-jeunes payés au Smic. Ils n'ont pas de budget pour renouveler leurs vêtements. Quand ils ont un problème de pantalon, ils doivent demander à leurs petits camarades s'ils n'en ont pas un qui soit un peu moins abîmé. La réalité d'un vestiaire de commissariat, c'est ça ! Le manque de moyens, ça se traduit par des patrouilles à 2 policiers au lieu de 3. Quand il faut intervenir, l'équipe est obligée d'attendre du renfort pour être en nombre, ou d'y aller seule, avec les risques que ça comprend. C'est aussi l'absence de repos, de formations, de vacances... 

"Quand 3 syndicats de police s'unissent dans le même combat, c'est que vraiment ça va très très mal !

Il y a quelques mois, le précédent ministre de l'Intérieur était venu annoncer des travaux dans certains commissariats : ça n'améliore pas les conditions de travail ? 

Si mais quand vous partez de très loin, que vous laissez pourrir votre maison pendant 50 ans, et bien vous avez beau sortir un certain budget, il y aura toujours beaucoup de retard. Des travaux ont été effectivement faits, mais nous demandons encore à Brive la pose d'une vitre pour protéger le fonctionnaire qui est à l'accueil. Les travaux dans certains commissariats, c'est parfois 18 mois de combat et de demandes. 

Une nouvelle réunion est prévue aujourd'hui au ministère de l'Intérieur. Et un appel, intersyndical, à bloquer les commissariats. Qu'est-ce que ça veut dire ? 

D'abord, c'est très rare que l'on agisse en intersyndicale. C'est historique. Quand 3 syndicats de police s'unissent dans le même combat, c'est que vraiment ça va très très mal ! Alors on demande aux policiers de répondre seulement aux appels d'urgence pour montrer qu'il y a un ras-le-bol, et que nous sommes suivis sur le terrain. Mais que les gens se rassurent, la porte du commissariat ne sera pas fermée, et on vous répondra si vous faites le 17

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