Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

VIDÉO - "Il faudra s'entraider ou s'entretuer" : l'ex-ministre Yves Cochet prévoit la fin du monde pour 2030

L'ancien ministre de l'environnement et député européen Yves Cochet vit désormais à temps complet en Ille-et-Vilaine. Il publie un livre dans lequel il annonce la fin du monde que nous connaissons d'ici une dizaine d'années. Selon lui, notre survie repose sur le développement des réseaux locaux.

L'ancien ministre Yves Cochet auprès de ses chevaux.
L'ancien ministre Yves Cochet auprès de ses chevaux. © Radio France - Benjamin Fontaine

Depuis quelques mois, chacune de ses interviews fait le buzz sur Internet. En 2006, l'ancien ministre de l'environnement de Lionel Jospin, Yves Cochet a acheté une belle longère au nord de Rennes (Ille-et-Vilaine). Une bâtisse en pierres entourée de sept hectares de terrain. Un refuge où il pourra vivre en auto-suffisance quand notre monde s'écroulera. Pas la peine de s'y donner rendez-vous dans 10 ans, la plupart d'entre nous ne sera plus là, Yves Cochet en est persuadé.

L'ancien eurodéputé est prêt. Autour de chez lui, des bois lui permettront de se chauffer. Un puits, une mare et des ballons remplis d'eau de pluie pourront assurer la survie et celle de sa famille. Ajoutez à cela un potager, des chevaux pour le transport et vous obtenez le kit de survie pour affronter la fin du monde. Après un rapide tour du propriétaire, habillé d'une doudoune, Yves Cochet nous reçoit sur sa terrasse, autour d'une table en bois avec le chant des oiseaux pour seul bruit de fond.

La moitié de la population va disparaître

France Bleu : Vous avez acheté cette maison il y a une quinzaine d'années avec votre fille. Pourquoi ?

Yves Cochet : Nous avions déjà eu une alerte écologique à l'époque et nous avons donc cherché à créer un éco-village. On a choisi cette maison à partir de plusieurs critères. Il nous fallait du bois pour nous chauffer, une surface d'eau et de quoi faire de la permaculture. Aujourd'hui nous avons des ballons pour recueillir 3.000 litres d'eau. Mais l'idée n'est pas d'attendre la fin du monde avec une Winchester. Il faut une démocratie locale. Grâce à l'union avec les voisins fera, la vie sera encore possible après 2030. A ce moment-là il faudra s'entraider ou s'entretuer. Avec nos voisins nous avons des échanges non monétisés. Un voisin vient m'aider à faire les foins et en échange ma fille va lui soigner son lumbago. 

F.B. : Parce que pour vous, c'est inévitable, la fin de notre monde approche à grand pas ?

Y.C. : Je ne peux vous dire que ce sera à telle date, mais je pense qu'aux alentours de 2030 nous allons vivre la fin de ce modèle. La moitié de la population mondiale, voire plus, va disparaître. Pour affirmer cela je m'appuie sur les rapports des scientifiques que j'étudie depuis plusieurs années. Il suffit qu'un domino tombe pour que le reste suive. Prenons l'énergie. Aujourd'hui, 80% de nos besoins sont assurés par les énergies fossiles. A un moment il y aura une demande supérieure à l'offre et cela peut entraîner des guerres. L'élément déclencheur peut aussi être climatique. Ça peut être un effondrement boursier ou un conflit nucléaire.

Les politiques sont aveuglés. Ça ne sert plus à rien de les alerter.

F.B. : Les politiques sont impuissants face à cela ?

Y.C. : Ils sont aveuglés. Contrairement à Greta Thunberg que j'admire, je pense que ça ne sert plus à rien de les alerter. Ils ne cessent de répéter qu'on va régler nos problèmes avec plus de marché, plus de croissance et plus technologie, mais c'est tout le contraire. On court encore plus vite à notre perte. La seule solution c'est le local. Il faut s'organiser en petits groupes dès maintenant car après cet effondrement il n'y aura plus d'Etat, plus de services publics.

F.B. : Vous n'êtes pas le premier à annoncer la fin du monde et aujourd'hui seules quelques personnes pensent comme vous. Pourquoi faut-il vous croire, plus que Paco Rabanne ou Nostradamus ?

Y.C. : Parce que je m'appuie sur des rapports scientifiques et parce que je pense, comme le disent les Américains que cette fois "this time, its' different". On a vu des civilisations tomber mais cette fois, à cause de la mondialisation, c'est l'ensemble de la planète qui va s'effondrer. Tout est réuni pour cela.

Il est trop tard pour changer nos habitudes

F.B. : Vous êtes conscients que les gens ont du mal à vous croire ?

Y.C. : C'est précisément pour cela que ça va arriver. Ce que je dis est très difficile à entendre, même au sein de mon propre parti. D'autres avant moi ont alerté sur la situation climatique que nous connaissons actuellement. Ils n'ont pas été pris au sérieux alors qu'ils avaient raison. Moi je vous dis que tout va s’effondrer et personne ne veut y croire et les gens ne veulent pas changer leurs habitudes. Il est de toute façon trop tard.

F.B. : Vous ferez quoi avant la fin du monde ?

Y.C. : Je serai ici avec des amis, ma famille et mes voisins et on essaiera de chanter et de danser.

"Devant l'effondrement - Essai de collapsologie " aux éditions Les liens qui libèrent.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess