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VIDEO - Denis Jacob, secrétaire général Alternative Police : "La colère des policiers est légitime et je la comprends"

Par Martine Bréson, France Bleu Paris Région mercredi 19 octobre 2016 à 9:24

Denis Jacob
Denis Jacob © Radio France - Martine Bréson

Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative Police CFDT était l'invité de France Bleu à 8h10. Il a parlé des problèmes que rencontraient les policiers aujourd'hui et il a évoqué des pistes qui pourraient améliorer la situation.

Le secrétaire général du syndicat Alternative Police CFDT était l'invité de France Bleu à 8h10. Regardez son interview à la fin de cet article.

Denis Jacob a souligné qu'il comprenait la colère des policiers, une colère qu'il qualifie de "légitime". "Il y a un ras-le-bol, il y a une exaspération qui n'est pas nouvelle malheureusement... parce que entre les actes, les mises en œuvre de réforme qui peuvent être faites ou de mise à disposition de matériel et la perception sur le terrain n'est pas du tout la même chose c'est à dire qu'on annonce plein de choses et sur le terrain les collègues ne voient rien venir".

La mise en cause des syndicats

Denis Jacob est d'accord avec les critiques faites aux syndicats représentatifs "..; aujourd’hui le système syndical tel qu'il existe ne correspond plus et ne répond plus à l'attente des policiers... parce que les collègues, à juste titre, trouve que le système, tel qu'il existe aujourd'hui, dans la police nationale dans le fonctionnement des organisations syndicales c'est que les organisations syndicales se servent plus qu'elles ne servent la majorité des collègues sur le terrain".

La crainte d'une manipulation

"J'espère que ce n'est pas une récupération et une manipulation politico-syndicale dans une période qui est particulièrement sensible... J'ose espérer que derrière il n'y a pas une tentative de récupération et de manipulation mais je pense que, de toute façon à la base, c'est bien un mouvement spontané".

La violence en France

"La problématique de la violence et notamment dans les secteurs particulièrement difficiles, que moi j'assume complètement en les appelant "Zones de non droit", c'est un problème qui a plus de trente ans.... Ya un problème de politique sociale, ya un problème de politique de la ville, ya un problème de politique de sécurité et de politique de justice, c'est un problème qui est de toute façon politique, ce ne sont pas les seuls policiers qui arriveront à la régler ... Quant aux moyens, il y a des efforts qui ont été faits il ne faut pas le nier que ce soit en effectifs, que ce soit en matériel mais les collègues s'interrogent; En réponse à la violence on va les surprotéger. Ça veut dire quoi en clair pour les collègues : surprotégeons-nous et continuez à nous balancer des cocktails Molotov. On règle les conséquences, on ne règle pas la cause et c'est à la cause qu'il faut s'attacher aujourd'hui.

On a mené une politique de sécurité qui a consisté à une certaine époque à déserter les quartiers difficiles. On a supprimé les commissariats de quartier. On y a retiré la police nationale de manière permanente et aujourd'hui quand on veut y intervenir il faut y aller en nombre et surprotégé donc il y a bien un problème de secteur en France où on ne peut pas intervenir en toute sécurité et de manière égale par rapport aux autres secteurs de France".

Quelles seraient des mesures à prendre ?

On ne veut jamais entendre la voix du terrain et pourtant Dieu sait que ce sont les policiers qui sont sur le terrain qui sont à même de faire remonter les revendications. Il faut une réforme des missions..."

La situation est-elle pire en Ile-de-France pour les forces de l'ordre ?

"La situation n'est pas pire sauf qu'en Ile-de-France il y a une telle concentration de problèmes et aussi de policiers - quand même, l'Ile-de-France c'est presque 50% des effectifs gradés et gardiens- donc on en parle plus facilement mais la problématique est la même en province...le problème il est partout parce qu'on a des zones dans lesquelles nous ne pouvons pas intervenir de manière permanente".

Regardez l'interview de Denis Jacob :

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