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VIDÉOS - Deux mois après l'attentat, une messe de Noël chargée d'émotion à la basilique Notre-Dame de Nice

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Par , France Bleu Azur, France Bleu

Près de deux mois après l'attentat au couteau au sein de la basilique Notre-Dame de l'Assomption à Nice, le père Parmentier y a célébré la messe de Noël. Le prêtre a remercié les fidèles pour leur présence dans l'édifice afin d'y "redonner de la lumière".

Le père Franklin Parmentier a célébré la messe de Noël à la basilique Notre-Dame de l'Assomption à Nice, près deux mois après l'attentat qui a fait trois morts
Le père Franklin Parmentier a célébré la messe de Noël à la basilique Notre-Dame de l'Assomption à Nice, près deux mois après l'attentat qui a fait trois morts © Radio France - Sonia Ghobri

La messe de Noël était chargée d'une émotion particulière, à la basilique Notre-Dame de l'Assomption de Nice, près de deux mois après l'attentat au couteau qui a fait trois morts. Simone et Nadine, deux fidèles, et Vincent, le sacristain, ont perdu la vie ce 29 octobre 2020. Ils étaient âgés respectivement de 44, 60 et 55 ans. 

"J'aime cette basilique, mais depuis cet attentat, je viens moins parce que j'ai peur. Souvent je suis seule quand je prie alors je me retourne régulièrement pour m'assurer qu'il n'y a personne derrière moi."

Le plan Vigipirate est toujours à son seuil maximal, au niveau "urgence attentat". La sécurité est renforcée devant tous les lieux de culte le 24 et 25 décembre. En arrivant à la messe, Pauline, une fidèle, salue et remercie les policiers et gendarmes postés devant la basilique. Elle est rassurée car elle craint une nouvelle attaque terroriste. "Quand je suis revenue à la messe après l'attentat, j'ai passé la moitié du temps à regarder derrière moi parce que j'avais peur.

"Merci à vous de revenir dans ce lieu pour y redonner de la lumière."

Sonia, une paroissienne, partage ce sentiment. "J'aime cette basilique mais depuis cet attentat je viens moins parce que j'ai peur. Souvent je suis seule quand je prie alors je me retourne régulièrement pour m'assurer qu'il n'y a personne derrière moi". Plusieurs paroissiens n'avaient pas eu la force de revenir depuis ce jour tragique. Le père Franklin Parmentier les remercie de leur présence :" Merci à vous de revenir dans ce lieu pour y redonner de la lumière. [...] Dans cette basilique, peut-être un peu plus qu’ailleurs, nous avons été plongés dans les ténèbres, celles de la violence, la mort, de la haine."

Le prêtre a adressé un message de paix et de résilience. « La violence des attentats, le contexte sanitaire et social engendré par la Covid, nous ont donné comme un coup de poing au ventre. Nous avons eu mal et la question de la place de dieu est venue comme une exigence : mais où étais-tu Seigneur ce fameux jeudi matin ? Où étais-tu pour Nadine, Simone et Vincent. [...] Mais il nous faut aussi être honnête avec Dieu. Où avons-nous mis Dieu dans nos vies, dans nos sociétés, dans notre rapport à l'amour, à l'amitié ... ». Il a eu des mots pour les victimes de la tempête Alex, pour les gendarmes tués en intervention dans le Puy-de-Dôme, pour les familles en difficulté financière à cause de la crise du coronavirus. "Il ne faut pas se laisser abattre, il ne faut pas laisser l'espérance disparaître de nos vies". 

Il reste bouleversé par cet attentat "Il y a encore des moments de fatigue,  c'est tellement inimaginable ce qui s'est passé et maintenant on commence à mettre des mots, ça met du temps, c'est encore douloureux. Mais heureusement on n'est pas seuls, heureusement il y a les autres, heureusement il y a la fois... pour moi c'est une force. Nous avons pu prier, parler avec des croyants, des non croyants. Ils étaient là pour nous dire qu'il fallait continuer à être là, il fallait ouvrir la basilique. Nous avons eu beaucoup d'encouragements. Je retiens ces moments forts". 

Le père Parmentier a lu un message de l'évêque de Nice, Monseigneur André Marceau, qui célébrait la messe de Noël à la cathédrale. "Ici la mort violente est venue au nom d'un visage de Dieu que nous ne ne reconnaissons pas. Mais vous, vous connaissiez les visages de vivants : de Nadine, de Simone, de Vincent. [...] Accueillez Jésus, prince de la paix." 

Les fidèles ont été touchés par l'homélie. "Ça m'a fait du bien. Je me sens plus en paix. Maintenant il faut aller de l'avant et se dire que de telles horreurs ne se reproduiront plus", déclare Claudine après la messe. 

Jean-François, le trésorier de la basilique Notre-Dame, est ému : "C'est la première fois que je vois une messe de Noël aussi émouvante. On pensait s'être endormi dans notre malheur, mais finalement nous venons de nous réveiller. Le Rédempteur est vraiment parmi nous. Le malheur est en train de s'effriter et il est remplacé par la joie parce que je vois des paroissiens revenir. C'est la résilience." Il pense toutefois à Vincent. Le sacristain était son ami depuis 25 ans. Ils avaient célébré Noël ensemble l'an dernier. "Il nous manque, je pense à sa famille. Sa maman vient se recueillir à la basilique depuis maintenant quinze jours. Elle vient voir le portrait de son fils. Nous prions ensemble puis on s’assoit sur un banc et on discute. Elle n'a pas eu la force de venir à cette messe de Noël, elle aurait été trop bouleversée". 

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