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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

VIDÉO - Gilets jaunes : un huitième acte de la mobilisation tendu à Montpellier

samedi 5 janvier 2019 à 21:45 Par Marie Rouarch, France Bleu Hérault

Plusieurs centaines de gilets jaunes ont manifesté ce samedi dans les rues de Montpellier. Un huitième acte de la mobilisation émaillé d'échauffourées et de dégradations dans le centre-ville. Cinq personnes ont été interpellées, sept blessées.

Plusieurs centaines de gilets jaunes ont arpenté le centre-ville de Montpellier tout l'après-midi
Plusieurs centaines de gilets jaunes ont arpenté le centre-ville de Montpellier tout l'après-midi © Radio France - Marie Rouarch

Montpellier, France

Les gilets jaunes avaient promis que leur mouvement repartirait de plus belle après les fêtes de fin d'année. Ils étaient plusieurs centaines ce samedi après-midi, mobilisés pour le huitième samedi consécutif dans les rues de Montpellier. Un "huitième acte" de la contestation marqué par des affrontements entre gilets jaunes et forces de l'ordre et des dégradations dans le centre-ville.

Le rassemblement, ce samedi matin, place de la Comédie, se veut pacifique. Quelques échanges verbaux un peu tendus avec les policiers qui défendent le commissariat de la place, mais pas de débordement. Le cortège se dirige ensuite vers la préfecture de l'Hérault. C'est là qu'éclatent, à midi, les premières échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre. Les policiers envoient des gaz lacrymogènes qui dispersent les gilets jaunes. Une scène qui se reproduira à plusieurs reprises dans la journée.

Pierres contre gaz lacrymo

"Ils veulent qu'on se taise, réagit Qian, tout juste gazé, parce qu'on gêne l'exécutif. On vient là pacifiquement avec nos gilets jaunes et on se fait gazer. Mais on veut faire avancer les choses, alors on continuera". Lui est venu tout spécialement de Nîmes pour manifester à Montpellier ce samedi. Il se fait interpeller par un cafetier, excédé de devoir remballer sa terrasse à toute vitesse, une nouvelle fois : "je commence à avoir les boules, lance le jeune commerçant, vous avez déjà bousillé la période de Noël de tout le monde, ne ruinez pas les petits commerçants, réfléchissez un peu !" "Je préférerais qu'il n'y ait pas de dommages collatéraux", rétorque Qian, mais le dialogue est impossible.

Le ras-le-bol, en tout cas, est bien palpable dans les rues de l'Écusson. "En mars, attendez-vous à des dépôts de bilan" prévient une vendeuse. Elle regarde, agacée, les passants déambuler dans les rues écharpe sur le nez, les yeux rouges, irrités par les gaz qui se répandent dans tout le secteur. "On n'en peut plus, il faut que ça s'arrête", conclut-elle.

La gare Saint-Roch évacuée

Autre "point chaud" de la journée : la gare Saint-Roch, avec deux épisodes d'affrontements violents. Lors du premier, un manifestant est sérieusement touché. Pour le second, des gilets jaunes parviennent à faire céder les grilles et à pénétrer dans la gare. Depuis le toit, ils sont une petite dizaine à arroser les CRS de pierres. Les policiers ripostent à coups de flash-ball. L'épisode fait quatre blessés parmi les forces de l'ordre. Deux gilets jaunes sont également touchés. La gare, elle, est vidée de tous ses voyageurs, le trafic est interrompu temporairement. Cinq personnes sont interpellées.

Dans le quartier, plusieurs barricades sont enflammées, notamment sur les voies de tram. Là aussi, le trafic est fortement perturbé une bonne partie de l'après-midi.

Des dégradations en centre-ville

Des dégradations à la gare, rue Maguelone également : toutes les agences bancaires entre la Comédie et la gare sont vandalisées. Un peu partout en ville, des containers sont incendiés. Dans la soirée, de nouvelles échauffourées éclatent rue Foch et au Peyrou, où environ 200 manifestants sont encore mobilisés. 

Ces violences, la plupart des gilets jaunes les condamnent. Ils condamnent aussi l'usage de gaz lacrymogène à leur encontre. "Les hooligans dans les stades sont mieux traités", lance un manifestant. "C'est complètement disproportionné, regardez il y a beaucoup de femmes, d'enfants, des personnes en fauteuil roulant", poursuit une autre. Beaucoup sont venus "équipés" : casque, masque, lunettes de protection, sérum pour les yeux. Et ils restent malgré tout déterminé : "2018 rimait avec 1968, 2019 rimera avec 1789", prévient Marie-Christine, gilet jaune de la première heure.