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Société

VIDEO - Grève dans les EHPAD : « On n'est plus dans la bientraitance, malgré nous »

mardi 30 janvier 2018 à 6:01 Par Sarah Tuchscherer, France Bleu Berry

Ce mardi, cinq syndicats appellent à la grève dans les EHPAD, les établissements pour personnes âgées dépendantes. Deux salariées berrichonnes ont accepté de se confier sur leurs conditions de travail et les frustrations qu'elles engendrent.

Dans un EHPAD du Nord (photo d'illustration)
Dans un EHPAD du Nord (photo d'illustration) © Maxppp - PQR

Argenton-sur-Creuse, France

Nicole et Patricia travaillent depuis une quinzaine d'années à l'EHPAD d'Argenton, la première est aide-soignante, la seconde animatrice. Toutes deux témoignent d'une dégradation de leurs conditions de travail. Deux aides-soignants pour trente résidents minimum, Nicole estime que ça n'est pas assez. Evoquant le moment de la toilette, elle explique : "Théoriquement, on devrait accompagner, laisser faire pour encourager l'autonomie des personnes, mais faute de temps, on fait à leur place". Pour décrire les conséquences de ce travail exécuté dans la précipitation, l'aide-soignante use d'un néologisme : "on grabatérise, dit-elle, les résidents". 

Une animatrice pour plus de cent résidents

Patricia, elle, est l'unique animatrice de l'établissement. Actuellement, elle est assistée d'une jeune-femme qui bénéficie d'un contrat aidé, mais celui-ci prendra fin en 2019. Pourtant, sa fonction est essentielle : "garante du lien social", c'est ainsi qu'elle se définit. Elle organise par exemple tous les matins une revue de presse et prépare le carnaval avec les résidents. Mais le manque de moyens humains a aussi un impact sur son activité : "Quand on organise un événement dans la grande salle du rez-de-chaussée, ça fait une cinquantaine de résidents de l'étage à transporter. Mes collègues soignantes n'ont pas forcément le temps de m'aider, alors je réduis le groupe". 

Des résidents de plus en plus dépendants

Selon Patricia, la situation s'est dégradée ces dernières années, notamment parce que les personnes qui entrent en EHPAD sont de plus en plus âgées : "elles sont de plus en plus dépendantes, notre charge de travail est plus importante. Les jeunes se détournent de nos métiers, parce que ça n'est plus agréable à faire. Se dépêcher, être chronométré... on n'est pas à l'usine ! On s'occupe de personnes, on ne manipule pas des objets. Il faut faire comprendre ça aux pouvoirs publics". 

Malgré les promesses faites par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn (50 millions d'euros pour que les ARS financent des emplois, des formations et des équipements), les deux femmes manifesteront à Châteauroux. Elles considèrent que la somme promise est loin des besoins réels des établissements.