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Société

VIDÉO : Il y a plus de 200.000 logements indignes dans les Hauts-de-France

mercredi 11 avril 2018 à 5:35 Par Matthieu Darriet, France Bleu Nord

La région est particulièrement touchée par le mal logement. C’est ce que répète la Fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel. Et pour le dénoncer, elle va à la rencontre du grand public et des travailleurs sociaux de terrain, comme ce mardi, à Grande-Synthe.

Dans son bus "Abbé Road", la Fondation Abbé Pierre a reconstituer un taudis. Il en existerait 200.000 dans la région.
Dans son bus "Abbé Road", la Fondation Abbé Pierre a reconstituer un taudis. Il en existerait 200.000 dans la région. © Radio France - Matthieu Darriet

Grande-Synthe, France

Dans un bus jaune, baptisé « Abbé Road », la Fondation Abbé Pierre a reconstitué un véritable taudis Un logement insalubre, raconte Yasmine, qui le fait découvrir aux visiteurs du marché de Grande-Synthe : 

Il y a un petit lit dans une petite pièce, avec la cuisine où on voit qu'il y a de la moisissure sur les couverts. La peinture est complètement dégradée ; il n'y a pas de sanitaires ;  il y a une douche, mais toute petite et toute sale. Ce que fait que c'est un taudis, c'est que déjà la surface est insuffisante. Un  logement, pour qu'il soit habitable, il doit faire 9m2 minimum. La ventilation aussi, c'est important, notamment à cause des moisissures qui reviennent. 

Avec son bus "Abbé Road", la Fondation Abbé Pierre sillonne la région, pour informer sur le mal logement. - Radio France
Avec son bus "Abbé Road", la Fondation Abbé Pierre sillonne la région, pour informer sur le mal logement. © Radio France - Matthieu Darriet

Cette reconstitution vise à montrer la réalité du logement indigne et à aider ceux qui y vivent, à en sortir. 200.000 logements sont concernés dans la région, comme le montrent les témoignages recueillis par la fondation Abbé Pierre à Lille, pour expliquer sa démarche : 

En ce moment, il y a des fuites et des cafards dans mon logement. Quand on ouvre sur nos balcons, il faut refermer très vite car il y a des rats. 

On est à 4 dans un appartement, avec une seule chambre. Les enfants n'ont pas chacun leur chambre et nous, les parents, on est serrés dans le séjour. Et cela fait 5 ans qu'on attend un logement. 

Mes enfants, ils dorment comme des sardines. Et mon fils aîné, il fait ses devoirs dans la salle de bains. Je n'en peux plus

Une pièce trop petiote, pas de ventilation, une mauvaise isolation et pas de sanitaires, c'est la définition d'un logement indigne : un taudis. - Radio France
Une pièce trop petiote, pas de ventilation, une mauvaise isolation et pas de sanitaires, c'est la définition d'un logement indigne : un taudis. © Radio France - Matthieu Darriet

Ces questions de logements ont un impact direct sur le moral et la santé mentale des familles concernées. Des familles, mais aussi beaucoup des jeunes, qui sont pressés de partir de chez leurs parents et qui sont contents de trouver un propriétaire qui les acceptent. Mais rapidement, ils déchantent. Et c’est particulièrement vrai dans la région, souligne Stéphanie Lamarche-Palmier, la responsable de la fondation : 

On a, dans la région, trois fois plus de logements qui ne disposent pas de tous les éléments de confort, que dans le reste de la France. C'est l'héritage de notre développement industriel, mais aussi des crises économiques et sociales qui sont arrivées. Cela s'améliore, mais doucement, donc un des enjeux pour nous, c'est de faire en sorte qu'on construise plus de logements neufs et mais aussi qu'on fasse les travaux nécessaires dans le parc privé existant. 

"Il ne suffit pas de s'émouvoir devant la misère, il faut passer à l'action", disait l'Abbé Pierre. - Radio France
"Il ne suffit pas de s'émouvoir devant la misère, il faut passer à l'action", disait l'Abbé Pierre. © Radio France - Matthieu Darriet

Le problème c’est d’identifier ces logements indignes, avant de lancer des travaux, avec le concours des associations

On constate qu'il y a parfois une forme de culpabilité des personnes qui occupent ces logements indignes. Elles se sentent responsables de cette situation, alors que c'est le logement qui est dans un état dégradé. 

Aujourd’hui, les collectivités locales et l’Etat subventionnent les travaux dans ce type de logement, avec des aides qui peuvent dépasser 80% du montant des factures.